L'Espagne risque de souffrir pour refinancer sa dette en 2012

mercredi 25 juillet 2012 11h32
 

par Julien Toyer et Carlos Ruano

MADRID (Reuters) - Des régions aux abois, des coûts de financement en hausse, un déficit qui se creuse et des marchés de plus en plus défiants: face à une telle conjonction, l'Espagne risque fort d'être incapable de lever les 50 milliards d'euros dont elle a besoin cette année pour refinancer sa dette. Sauf à obtenir une aide extérieure.

Les besoins de financement de Madrid ont augmenté de 10 milliards d'euros depuis le début de l'année en raison de l'assouplissement des objectifs de déficit convenus avec l'Union européenne et 12 milliards supplémentaires seront nécessaires pour venir en aide aux régions, très endettées et privées de facto d'accès au marché.

Au total, les besoins de financement d'ici la fin de l'année atteignent près de 50 milliards. Et l'avance sur son programme d'émissions prise par le Trésor au premier semestre se trouve réduite à néant.

Fin juin, les responsables espagnols laissaient pourtant entendre que le second semestre ne poserait guère de difficulté après avoir levé 59 milliards d'euros sur un total de 86 milliards prévus. Mais la nécessité de financer un déficit désormais prévu à 6,3% du produit intérieur brut (PIB), un point de plus que prévu initialement, et l'aide pour les régions les privent de cet avantage.

Le Trésor peut encore puiser dans ses réserves pour rembourser les 12,87 milliards d'euros de dettes arrivant à échéance le 30 juillet mais un test bien plus ardu s'annonce pour les 29 et 31 octobre, avec des "tombées" de 20,27 milliards d'euros en deux jours.

Madrid dispose aujourd'hui de réserves de liquidités de 28,9 milliards d'euros mais ce montant a rapidement fondu ces deux derniers mois: il atteignait 44 milliards en avril et 40,3 milliards en mai.

LE RENDEMENT MOYEN RESTE BAS

Juillet et octobre sont traditionnellement de "bons" mois en termes de recettes fiscales mais celles-ci ont chuté de 5% depuis le début de l'année par rapport à 2011.   Suite...

 
<p>Des r&eacute;gions aux abois, des co&ucirc;ts de financement en hausse, un d&eacute;ficit qui se creuse et des march&eacute;s de plus en plus d&eacute;fiants: face &agrave; une telle conjonction, l'Espagne risque fort d'&ecirc;tre incapable de lever les 50 milliards d'euros dont elle a besoin cette ann&eacute;e pour refinancer sa dette. Sauf &agrave; obtenir une aide ext&eacute;rieure. /Photo d'archives/REUTERS/Juan Medina</p>