La BCE tentée par l'expérience danoise des taux négatifs

mardi 24 juillet 2012 21h31
 

par Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - Etre ou ne pas être négatif ? Telle est la question pour la banque centrale européenne confrontée à un risque de rechute en récession de la zone euro et à des taux d'intérêt prohibitifs pour les économies espagnole et italienne.

Mais s'il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark, ce pourrait bien être les taux négatifs que l'institution monétaire du pays a dû imposer aux banques qui laissent des liquidités dormir dans ses livres.

La défiance des investisseurs vis-à-vis d'une zone euro incapable de surmonter la crise des dettes souveraines les a poussés à détenir des actifs libellés dans d'autres devises que la monnaie unique européenne comme la couronne danoise.

Face à l'afflux de liquidités, la Banque centrale du Danemark qui entend maintenir sa devise dans des bandes de fluctuations étroites vis-à-vis de l'euro, a opté pour des taux négatifs en fixant à -0,20% le taux de rémunération des dépôts que les banques font auprès d'elle, une décision prise dans la foulée du passage à zéro du taux de rémunération de la facilité de dépôt de la BCE, le 5 juillet.

La Riksbank suédoise avait sauté le pas des taux négatifs dès 2009.

La banque centrale danoise impose par ailleurs une limite au montant que les banques peuvent déposer à vue dans ses livres. Dès que les montants de liquidités déposés par le système bancaire dans son ensemble auprès de la Banque du Danemark dépassent 69,7 milliards de couronnes (9,4 milliards d'euros), tout dépôt supplémentaire est automatiquement basculé sur la facilité assortie du taux négatif.

VOIE DE SORTIE OU IMPASSE ?

L'expérience danoise pourrait servir d'exemple pour la BCE dont deux responsables, Klaas Knot membre du conseil des gouverneurs et Benoît Coeuré membre du directoire, ont récemment évoqué l'éventualité d'un taux de dépôt négatif, nourrissant les anticipations de certains économistes sur une décision dans ce sens dès le mois de septembre.   Suite...

 
<p>Confront&eacute;e &agrave; un risque de rechute en r&eacute;cession de la zone euro et &agrave; des taux d'int&eacute;r&ecirc;t prohibitifs pour les &eacute;conomies espagnole et italienne, la Banque centrale europ&eacute;enne est tent&eacute;e par l'exp&eacute;rience danoise des taux n&eacute;gatif. Face &agrave; l'afflux de liquidit&eacute;s, la Banque centrale du Danemark a opt&eacute; pour des taux n&eacute;gatifs en fixant &agrave; -0,20% le taux de r&eacute;mun&eacute;ration des d&eacute;p&ocirc;ts que les banques font aupr&egrave;s d'elle. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski</p>