La dette française, "moindre mal" pour les investisseurs

samedi 21 juillet 2012 09h46
 

par Marius Zaharia

LONDRES (Reuters) - D'un côté, un pays endetté qui a adopté des mesures d'austérité sans précédent et a convaincu l'Union européenne de renflouer ses banques; de l'autre, une nation qui a fait peu de réformes pour l'instant et pourrait même revenir sur certaines d'entre elles. Mais celui des deux qui se finance quasiment à coût nul n'est pas celui qu'on croit.

Avec des taux de financement à dix ans de nouveau supérieurs à 7%, l'Espagne pourrait bientôt être exclue des marchés de capitaux. La dette de la France, elle, fait au contraire l'effet d'être l'une des plus sûres du monde avec un rendement à 10 ans à peine supérieur à 2%.

Jeudi, le Trésor français est même parvenu à emprunter à court terme à des taux négatifs, les investisseurs acceptant de fait de payer pour récupérer leur argent.

La situation était tout autre en novembre dernier: la France était alors considérée comme un maillon faible de la zone euro, comme l'Espagne et l'Italie, et le "spread", l'écart de rendements, à dix ans entre les dettes espagnole et française était inférieur de moitié à son niveau actuel.

L'inégalité de traitement actuelle dont profite la France sur les marchés obligataires s'explique par de multiples raisons: la santé un peu meilleure de l'économie française, son passé de liens politiques étroits avec l'Allemagne et les récentes initiatives de la Banque centrale européenne (BCE).

Pourtant, nombre d'investisseurs continuent de considérer la France comme le plus mal en point des prétendus pays du "coeur" de la zone euro.

Et les investisseurs ne manquent pas de motifs pour se détourner de la dette française, qu'il s'agisse de son déficit budgétaire toujours élevé, de son économie vacillante, de ses liens financiers encore étroits avec l'Espagne et l'Italie ou encore du manque de flexibilité de son marché du travail.

UN RENDEMENT, MÊME FAIBLE   Suite...

 
<p>Alors que l'Espagne, avec des taux de financement &agrave; dix ans de nouveau sup&eacute;rieurs &agrave; 7%, pourrait bient&ocirc;t &ecirc;tre exclue des march&eacute;s de capitaux, la dette de la France fait pour sa part au contraire l'effet d'&ecirc;tre l'une des plus s&ucirc;res du monde avec un rendement &agrave; 10 ans &agrave; peine sup&eacute;rieur &agrave; 2%, m&ecirc;me si nombre d'investisseurs continuent de consid&eacute;rer l'Hexagone comme le plus mal en point des pr&eacute;tendus pays du "coeur" de la zone euro. /Photo prise le 19 juillet 2012/REUTERS/Andrea Comas</p>