Une OPA sur PSA jugée théoriquement possible, mais peu probable

vendredi 20 juillet 2012 15h01
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le risque d'une OPA sur PSA Peugeot Citroën, évoqué vendredi par la famille Peugeot, est jugé théoriquement possible mais en fait peu probable, faute de prédateur identifiable susceptible de se lancer dans pareille aventure.

Prié de dire s'il redoutait une offre publique d'achat sur le groupe, le président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, Thierry Peugeot, a répondu dans une interview au Figaro: "Tout est possible. Il faut donc agir."

Après l'annonce jeudi d'une restructuration massive en France, l'action du premier constructeur automobile français a chuté de près de 18% en quatre séances, avant de rebondir depuis mercredi. Le titre perd encore près de 40% sur l'année, après une chute de près de 60% en 2011, ramenant la capitalisation boursière à seulement 2,3 milliards d'euros.

"Le prix est extrêmement bas pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 60 milliards d'euros, donc dans l'absolu une offre hostile est toujours possible", commente un analyste du secteur sous couvert d'anonymat.

"Sur le papier, tout est possible, mais dans la pratique, les choses se compliquent. Qui dit OPA dit prédateur, et je n'en vois aucun d'évident dans la situation actuelle du marché automobile", ajoute-t-il. "Et puis si PSA a des actifs intéressants en matière de technologie et de savoir-faire, la production de masse de voitures n'est pas à la portée de tout le monde."

Un candidat à la reprise de PSA pourrait également être intéressé par la dizaine de milliards d'euros de sécurité financière dont dispose toujours le groupe, mais il hériterait aussi en échange d'une entreprise déficitaire, en pleine mutation et engagée dans un bras de fer avec l'Etat français et les syndicats.

Le constructeur a annoncé la semaine passée 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France et la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Il a également prévenu qu'il accuserait une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros au premier semestre dans sa division automobile et qu'il ne retrouverait pas un cash flow opérationnel à l'équilibre avant la fin 2014.

"PSA est un actif attractif, la capitalisation actuelle signifie qu'une offre hostile est toujours possible, mais avec la situation politique actuelle et le manque de visibilité sur ce que la direction sera en mesure de faire pour ajuster ses capacités, je ne vois pas qui pourrait être intéressé", résume Kristina Church, analyste automobile chez Barclays Capital.   Suite...

 
<p>Le risque d'une OPA sur PSA Peugeot Citro&euml;n, &eacute;voqu&eacute; vendredi par la famille Peugeot, est jug&eacute; th&eacute;oriquement possible mais en fait peu probable, faute de pr&eacute;dateur identifiable susceptible de se lancer dans pareille aventure. /Photo prise le 19 juillet 2012/REUTERS/Eric Gaillard</p>