Le coût du travail, souci secondaire de l'industrie française ?

mercredi 18 juillet 2012 17h49
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le coût du travail n'est qu'une cause parmi d'autres des difficultés de l'industrie française, estiment deux ex-patrons du CAC 40, Jean-Louis Beffa et Louis Schweitzer, qui plaident pour une refonte de la politique industrielle de la France.

L'abrogation de la "TVA sociale", la refiscalisation des heures supplémentaires et l'annonce par PSA de la suppression de 8.000 postes ont relancé le débat sur le coût du travail, cheval de bataille de la droite aujourd'hui dans l'opposition.

Moins offensive sur cette question, la gauche, de retour au pouvoir, n'en cherche pas moins le moyen de transférer une partie du financement de la protection sociale pesant sur le travail vers d'autres modes de prélèvements.

Pour Jean-Louis Beffa, si le gouvernement renonce à augmenter la TVA, il n'aura pas d'autre choix que de recourir à une augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG). Mais le problème, pour lui, n'est pas vraiment là.

"C'est une erreur de ne raisonner qu'en termes de coût du travail", a confié à Reuters le président d'honneur de Saint- Gobain en marge d'une audition devant la commission économique de l'Assemblée nationale. "C'est peut-être 10% du problème ; les 90% restant relèvent de la compétitivité hors coût, c'est-à-dire de choses infiniment plus difficiles à corriger."

Ne parler que du coût du travail et sacrifier le modèle social français à la compétitivité "est une erreur et une faute", a renchéri Louis Schweitzer.

Pour le président d'honneur de Renault, l'accent doit être mis sur la flexibilité du travail.

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<p>Deux ex-patrons du CAC 40, Jean-Louis Beffa et Louis Schweitzer, estiment que le co&ucirc;t du travail n'est qu'une cause parmi d'autres des difficult&eacute;s de l'industrie fran&ccedil;aise et plaident pour une refonte de la politique industrielle de la France. /Photo d'archives/REUTERS/David Gray</p>