July 18, 2012 / 7:19 AM / 5 years ago

Pas d'aides publiques à la filière automobile sans contrepartie

5 MINUTES DE LECTURE

<p>Il n'y aura plus d'aides publiques &agrave; la fili&egrave;re automobile sans contrepartie, a d&eacute;clar&eacute; mercredi sur France Inter le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. /Photo d'archives/REUTERS</p>

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a fait savoir mercredi que la filière automobile, en proie à des problèmes de surcapacités, n'obtiendrait plus d'aides publiques sans contrepartie des constructeurs.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui a reçu en fin de journée Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën, a dit avoir "un vrai problème" avec la stratégie du constructeur automobile et a répété qu'il souhaitait rencontrer la famille Peugeot, actionnaire principal de PSA Peugeot Citroën avec 25,4% du capital.

"Il y a dans la filière automobile de nombreuses aides publiques qui sont apportées par les contribuables", a déclaré le ministre sur France Inter, citant en particulier le chômage partiel, la prime à la casse, le bonus-malus, le crédit impôt recherche et la baisse de la taxe professionnelle.

"Notre stratégie, c'est que les aides publiques, qui d'ailleurs font partie des demandes de la filière automobile, ne seront pas données sans contrepartie", a-t-il ajouté.

Rien n'a filtré mercredi soir du face-à-face entre le ministre et le président du directoire de PSA à Bercy. Une source ministérielle a indiqué que Thierry Peugeot, président du conseil de surveillance de PSA, serait reçu à son tour par Arnaud Montebourg à Bercy le 26 juillet.

Emmanuel Sartorius, l'expert du gouvernement sur le dossier PSA, verra lui aussi le représentant de la famille Peugeot, ce vendredi, au siège parisien du groupe.

PROBLÈME DE COMPÉTITIVITÉ

Réagissant à la restructuration dévoilée par PSA - suppression de 8.000 postes supplémentaires en France et fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis - Arnaud Montebourg a dit sur France Inter que le gouvernement n'était pas dans "une logique sociale".

"Je ne suis pas en train de discuter de reclassements de salariés, nous en sommes aujourd'hui à examiner la réelle situation", a-t-il poursuivi, ajoutant ne pas avoir "une confiance extraordinaire" dans la direction de Peugeot.

Réagissant aux critiques dont elle fait l'objet depuis maintenant une semaine, la famille Peugeot a déclaré dans une note publiée mercredi avoir "toujours donné la priorité au développement du groupe et à sa stratégie, n'hésitant pas à diluer sa participation quand la situation le requérait".

Dans le cadre de ses consultations sur le dossier PSA, Arnaud Montebourg a également rencontré mardi soir les syndicats du groupe, qu'il reverra fin juillet. Le gouvernement doit également présenter le 25 juillet un plan d'aide à la filière automobile.

"Nous nous écartons de la prime à la casse et nous nous dirigeons vers un soutien massif vers les véhicules innovants et propres", a expliqué le ministre du Redressement productif, se disant "très tenté" d'accentuer les mesures qui concernent le bonus-malus écologique.

Le même jour, PSA publiera ses résultats semestriels, qui devraient faire apparaître une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros dans la division automobile. Un nouveau comité central d'entreprise (CCE) sur la restructuration se tiendra également ce jour-là.

Pour le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, les mesures de restructuration annoncées par PSA illustrent la nécessité d'améliorer la compétitivité des entreprises françaises en baissant le coût du travail.

Egalement membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, Christian Noyer a déjà plaidé pour une vaste réforme du marché du travail, en rapprochant notamment les différents contrats de travail.

Avec PSA et ses nouvelles suppressions de postes, "il y a la démonstration qu'on a un problème de compétitivité en France, c'est un problème qui est bien identifié, c'est un problème auquel il faut s'attaquer", a-t-il dit sur Europe 1.

Chine Labbé, Jean-Baptiste Vey, Matthieu Protard et Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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