Un rapport du Sénat américain accuse HSBC d'aide au blanchiment

mardi 17 juillet 2012 11h20
 

par Carrick Mollenkamp

WASHINGTON (Reuters) - Une culture d'entreprise "polluée" a conduit HSBC à aider certains de ses clients à blanchir des capitaux issus de certaines des régions les plus dangereuses ou les plus secrètes du monde, parmi lesquelles l'Iran, la Syrie, les îles Caïman ou l'Arabie saoudite, conclut un rapport du Sénat américain publié lundi.

Si le comportement de la banque britannique est connu depuis près de dix ans, l'enquête réalisée par le Sénat met l'accent à la fois sur l'ampleur des pratiques mises en cause et sur l'incapacité de l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC), pourtant l'une des principales autorités de régulation financière aux Etats-Unis, à surveiller correctement ses activités.

"Chez HSBC, la culture était polluée de manière envahissante depuis longtemps", a déclaré le sénateur Carl Levin, qui préside la sous-commission permanente du Sénat sur les Enquêtes.

Ce rapport intervient au plus mauvais moment pour la banque, alors que le secteur est l'objet d'une vaste enquête portant sur la manipulation des taux interbancaires.

Barclays, a accepté le mois dernier de verser 453 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques afin de mettre un terme aux poursuites dont elle faisait l'objet dans cette affaire.

Le rapport publié lundi s'appuie sur l'étude de 1,4 million de documents et l'audition de 75 responsables de HSBC et de l'autorité de régulation. Des dirigeants de HSBC et de l'OCC doivent témoigner ce mardi lors d'une audience au Sénat.

Ils devront notamment s'expliquer sur le fait que les abus constatés ont pu se poursuivre après l'adoption en 2010 par l'OCC de sanctions à l'encontre de HSBC.

Dans un communiqué, HSBC a déclaré que le rapport du Sénat contenait "d'importants enseignements pour l'ensemble du secteur afin de prévenir l'entrée d'acteurs illégaux dans le système financier mondial".   Suite...