L'UE commence à lever le secret dans le secteur de la pharmacie

lundi 16 juillet 2012 11h26
 

par Ben Hirschler

LONDRES (Reuters) - Longtemps critiquée pour son goût immodéré du secret, l'Agence européenne des médicaments (EMA) est en train d'ouvrir ses archives au public, ce qui pourrait permettre à des chercheurs indépendants d'analyser des centaines de milliers de pages de résultats des essais cliniques menés par les industriels.

Ce changement pourrait donner à l'Europe une longueur d'avance sur les Etats-Unis en matière de transparence dans un secteur qui pèse quelque 1.000 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel.

L'EMA prévoit d'organiser en novembre une conférence pour étudier les moyens permettant d'assurer un accès rapide et régulier à de très importantes quantités de données.

Ce processus pourrait porter un coup au secteur pharmaceutique, jaloux de la confidentialité de ses données scientifiques et commerciales et qui n'a, jusqu'à présent, jamais été contraint de les partager avec des chercheurs indépendants.

Mais les industriels n'auront pas le choix puisqu'ils doivent soumettre leurs données au régulateur pour obtenir le feu vert de celui-ci à la commercialisation de leurs médicaments.

"Il s'agit d'un changement radical d'attitude", a déclaré le directeur médical de l'EMA, Hans-Georg Eichler, lors d'un entretien à Reuters, en reconnaissant que l'image des autorités de régulation a été entachée, comme celle des industriels, par plusieurs scandales dans le passé.

L'EMA, comme la Food & Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis, a été critiquée pour ne pas avoir identifié les faiblesses ou les risques de plusieurs médicaments, comme le Vioxx de Merck & Co, aujourd'hui retiré du marché, ou l'Avandia, un traitement de l'obésité développé par GlaxoSmithKline (GSK).

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<p>Longtemps critiqu&eacute;e pour son go&ucirc;t immod&eacute;r&eacute; du secret, l'Agence europ&eacute;enne des m&eacute;dicaments est en train d'ouvrir ses archives au public, ce qui pourrait permettre &agrave; des chercheurs ind&eacute;pendants d'analyser des centaines de milliers de pages de r&eacute;sultats des essais cliniques men&eacute;s par les industriels. /Photo prise le 11 mai 2012/REUTERS/Enrique Calvo</p>