13 juillet 2012 / 19:09 / il y a 5 ans

5,8 milliards de dollars de pertes de trading pour JPMorgan

<p>Les positions hasardeuses prises par certains traders de JPMorgan Chase lui ont fait perdre 4,4 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros) sur le seul deuxi&egrave;me trimestre, soit deux fois plus que le montant initialement annonc&eacute; en mai. Des salari&eacute;s de la premi&egrave;re banque am&eacute;ricaine ont &eacute;galement pu tenter de dissimuler des pertes au premier trimestre, celles-ci s'&eacute;levant d&eacute;sormais &agrave; 5,8 milliards de dollars depuis le d&eacute;but de l'ann&eacute;e. /Photo prise le 13 juillet 2012/Andrew Burton</p>

par David Henry et Jed Horowitz

(Reuters) - JPMorgan Chase a annoncé vendredi que les positions hasardeuses prises par certains de ses traders lui avaient fait perdre sur le seul deuxième trimestre 4,4 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros), deux fois plus que le montant de deux milliards initialement annoncé en mai.

La première banque américaine a en outre révélé que des salariés avaient pu tenter de dissimuler des pertes au premier trimestre et que celles-ci s'élevaient désormais à 5,8 milliards de dollars depuis le début de l'année.

JPMorgan a prévenu que ses positions prises sur des dérivés de crédit pourraient, dans le pire des scénarios, générer jusqu'à 1,7 milliard de dollars de pertes supplémentaires.

La banque a néanmoins réussi à dégager un bénéfice de près de 5 milliards de dollars au deuxième trimestre et a assuré avoir mené à bien l'assainissement de la division CIO, soulignant que ses problèmes ne concernaient que cette activité.

Le gonflement des pertes suggère cependant que l'affaire de la "baleine de Londres", le surnom donné à l'un de ses traders vedettes, n'est pas un cas isolé et que les difficultés de sa division "Chief Investment Office" (CIO) pourraient avoir dépassé un défaut de gestion du risque et de simples erreurs d'anticipation de l'évolution des marchés.

Une enquête interne a révélé que certains traders du CIO pouvaient avoir délibérément dissimulé l'ampleur de leurs positions prises dans certaines opérations, et n'avaient en conséquence pas dévoilé la totalité de leurs pertes.

Une enquête pénale est en cours et vise des employés de JPMorgan à Londres, selon une source proche du dossier.

La division CIO a mal évalué ses positions sur dérivés de crédit au premier trimestre, ce qui a conduit à une surévaluation de 459 millions de dollars du bénéfice net de la période, a précisé JPMorgan.

Le CIO, qui gère les risques de l'ensemble du groupe et investit ses excédents de dépôts, se limitera désormais à des investissements prudents et ne prendra plus de positions sur les dérivés de crédit, a expliqué JPMorgan.

Une autre division est chargée de gérer les positions à risque encore ouvertes.

"La majeure partie de ce problème est désormais derrière nous et nous pouvons maintenant concentrer toute notre énergie sur ce que nous faisons le mieux", a déclaré le PDG du groupe, Jamie Dimon, cité dans un communiqué.

BÉNÉFICE EN BAISSE MAIS ACTION EN HAUSSE

La lourde perte de crédit subie ces derniers mois a terni l'image de la banque et de son patron, jusqu'alors salué pour être parvenu à épargner toute perte au groupe durant la crise financière.

En prenant en compte les pertes de CIO, JPMorgan a réalisé au deuxième trimestre un bénéfice net en baisse de 8,7% à 4,96 milliards de dollars, soit 1,21 dollar par action, contre 5,43 milliards de dollars (1,27 dollar) un an plus tôt.

La perte après impôt sur dérivés a amputé le bénéfice par action de 69 cents, précise la société, qui devrait publier dans les prochaines semaines les résultats révisés du premier trimestre.

Les pertes sur dérivés découlent d'une stratégie de couverture erronée initiée par le bureau londonien de la banque où, selon des sources de marché, le trader Bruno Iksil figurait parmi les traders prenant de très importantes positions.

Une source a déclaré vendredi que Bruno Iksil avait quitté la banque.

Il y a trois mois, après les premières informations sur les pertes attribuées à la "baleine de Londres", Jamie Dimon avait parlé à des analystes de "tempête dans un verre d'eau". Il a reconnu le mois dernier lors d'une audition par le Congrès que cette expression était malvenue.

Blandine Hénault et Natalie Huet pour le service français

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