Les sous-traitants de PSA se préparent à une onde de choc

vendredi 13 juillet 2012 17h35
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - La restructuration en cours chez PSA Peugeot Citroën risque de provoquer une onde de choc encore plus violente bien que moins visible chez les sous-traitants, souvent des petites entreprises très vulnérables face à la crise qui frappe l'industrie automobile en France.

PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France, une réduction de la capacité de production de son usine de Rennes (Ille-et-Vilaine) et la fermeture de son site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

"L'annonce de PSA fait peser un risque considérable sur l'ensemble de l'écosystème entrepreneurial qui l'entoure", a déclaré Guillaume Cairou, président du Club des entrepreneurs dans un communiqué publié après les annonces du premier constructeur automobile français.

"Il y a un risque d'effondrement de l'activité impactant 25.000 emplois au moins dans l'ensemble des PME déjà fragilisées par l'instabilité fiscale."

Il a lancé notamment un appel à Oseo, la banque de financement des PME, pour qu'elle mette rapidement en place des mesures de soutien de la trésorerie des entreprises comme lors du plan de relance de 2008.

Toute suppression de poste chez un constructeur a un effet démultiplicateur chez les fournisseurs. Selon des données 2010 du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), les activités de production de véhicules en France représentent en tout près de 600.000 emplois, dont seulement 160.000 dans la construction finale.

Chaque emploi supprimé dans l'assemblage peut ainsi entraîner la perte de trois ou quatre emplois dans le tissu fournisseur.

"PSA a une chaîne de valeur qui le dépasse, s'il réduit sa production ou ferme une usine, c'est aussi le tissu fournisseur qui s'écroule comme un château de cartes", observe Fred Dijoux, délégué syndical central de la fédération CFDT des mines et de la métallurgie.   Suite...