PSA veut supprimer 8.000 emplois et fermer Aulnay

jeudi 12 juillet 2012 20h48
 

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën prévoit de supprimer 8.000 emplois supplémentaires sur ses sites français et de fermer en 2014 son usine d'assemblage d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour endiguer ses pertes sur fond de dégradation du marché européen.

Premier grand test social du nouveau gouvernement, qui présentera le 25 juillet un plan pour aider la filière automobile, la restructuration présentée jeudi par le premier constructeur français porte à environ 10.000 les réductions d'effectifs engagées depuis l'automne dernier par PSA dans l'Hexagone, soit environ un emploi sur dix.

"Je sais combien ces mesures sont lourdes pour les personnes concernées mais aussi pour l'ensemble de notre entreprise", a déclaré le président du directoire de PSA, Philippe Varin, au cours d'une conférence de presse. "Nous avons la possibilité de mettre en oeuvre, dans les années qui viennent, les mesures indispensables au retour à l'équilibre financier mais ce délai n'est pas infini, il importe donc d'agir rapidement."

Invité de TF1 dans la soirée, le dirigeant a souligné que le groupe ne sollicitait pas d'aide financière de l'Etat. Il a également assuré que l'entreprise ne procèderait à aucun licenciement sec et qu'elle proposerait une aide à chaque salarié concerné.

Ebranlé depuis l'été dernier par une chute des ventes en Europe, notamment du Sud, PSA a prévenu que sa division automobile accuserait une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros au premier semestre. Signe de la dégradation de la demande en Europe, le groupe a révisé en baisse sa prévision pour le marché en 2012, désormais attendu en baisse de 8% contre -5% au début de l'année.

"Lorsqu'un groupe perd tous les mois en cash 200 millions d'euros, il ne pérennise pas l'emploi", a estimé Philippe Varin. "Tergiverser, c'est faire courir à terme de grands périls à l'entreprise. C'est notre responsabilité, aussi douloureuses que soient les décisions, de faire en sorte d'assurer l'avenir du plus grand nombre."

L'argument n'a pas convaincu les syndicats, notamment à Aulnay où l'on redoutait depuis un an que le couperet tombe.

"Varin a déclaré la guerre aux salariés sur le terrain de l'emploi", a lancé Jean-Pierre Mercier, représentant CGT chez PSA, devant le siège parisien du groupe. "La guerre est déclarée sur l'usine d'Aulnay, on est plusieurs centaines de salariés a être déterminés à défendre notre boulot."   Suite...

 
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