July 11, 2012 / 6:05 PM / 5 years ago

Commandes record, fournisseurs sous tension dans l'aéronautique

5 MINUTES DE LECTURE

<p>Au salon a&eacute;ronautique de Farnborough, qui se tient cette semaine pr&egrave;s de Londres, les acteurs du secteur s'interrogent sur la capacit&eacute; des fournisseurs &agrave; absorber l'acc&eacute;l&eacute;ration des cadences impos&eacute;e par l'avalanche des commandes engrang&eacute;es tant par Airbus que par Boeing. /Photo d'archives/Toby Melville</p>

par Cyril Altmeyer

FARNBOROUGH, Grande-Bretagne (Reuters) - Le niveau record de production d'avions, qui est encore appelé à augmenter, génère des tensions tout au long de la chaîne d'approvisionnement du secteur aéronautique, a déclaré mercredi à Reuters Jean-Paul Ebanga, PDG du motoriste CFM International, coentreprise entre Safran et General Electric.

Au salon aéronautique de Farnborough, qui se tient cette semaine près de Londres, les acteurs du secteur s'interrogent sur la capacité des fournisseurs à absorber l'accélération des cadences imposée par l'avalanche des commandes engrangées tant par Airbus que par Boeing.

CFM International, qui a conclu de nouveaux contrats cette semaine, domine le marché des monocouloirs, destinés aux vols court et moyen courriers, le segment le plus porteur pour les deux grands constructeurs aéronautiques.

Son moteur CFM56, le plus vendu au monde, équipe tous les monocouloirs 737 de Boeing et certains des A320 d'Airbus, ce qui représente un marché potentiel de 20.000 avions -soit 40.000 moteurs- dans les 20 ans à venir.

"Non seulement nous sommes à un niveau historiquement élevé mais nous continuons à croître", a observé Jean-Paul Ebanga.

"Dans les années 1990, nous produisions 400 moteurs par an, aujourd'hui 1.300 moteurs, donc l'élasticité de la chaîne d'approvisionnement a déjà été testée", a-t-il cependant ajouté.

Les risques sur les fournisseurs, sollicités par plusieurs donneurs d'ordres en même temps, doivent être surveillés de près, a noté de son côté Damien Lasou, responsable de l'expertise d'aéronautique et défense chez Accenture.

"Au cours de salon, j'entends beaucoup plus parler des discussions entre les fournisseurs, des inquiétudes sur la chaîne d'approvisionnement et de la manière dont les groupes cherchent à démontrer qu'ils sont prêts à investir dans des futures capacités", a-t-il observé. "C'était un peu masqué lors des précédents salons par le grand show des commandes."

Bataille Cfm/Pratt

Plus que sur les avions eux-mêmes, pour lesquels peu de commandes fermes ont été passées comparé aux autres années, ce sont les moteurs qui font l'objet d'une bataille acharnée entre CFM et Pratt & Whitney, filiale de United Technologies sur le marché des monocouloirs.

Ainsi la commande passée mardi de 100 B737 par GE Capital Aviation Service (Gecas), filiale de location et de financement d'avions civil de GE, représente un contrat potentiel de 2,4 milliards de dollars pour CFM.

Pratt a décroché de son côté une commande destinée à équiper 50 A320neo et a été choisi par la compagnie philippine Cebu Pacific Air pour sa commande ferme de 30 A320neo, avec dix appareils en options.

Pour succéder au CFM56, CFM International prépare le moteur Leap qui équipera en 2016 l'A320neo -version améliorée de l'A320 d'Airbus- et le monocouloir C919 développé par le chinois Comac, puis en 2017 le B737MAX de Boeing.

Sur les 960 commandes de moteurs engrangés par CFM au premier semestre, 556 ont été pour des Leap.

"En termes d'étapes de développement, nous sommes exactement là où nous avions l'intention de nous trouver", a-t-il dit. "Les résultats des tests atteignent, voire dépassent nos prévisions".

Pratt & Whitney souligne de son côté que son propre moteur est déjà testé et en vol, contrairement à celui du tandem Safran/GM.

"Dans le secteur des monocouloirs, toutes les compagnies effectuent entre huit et dix vols par jour. Si vous avez une panne le matin, tout votre programme du jour est anéanti", a observé Jean-Paul Ebanga. "Donc les compagnies ne peuvent pas se permettre d'introduire une nouvelle technologie qui soit risquée".

Selon Jean-Paul Ebanga, le Leap est l'iPod des moteurs d'avions: bourré de technologies mais facile d'utilisation.

Contrairement au CFM56, le Leap est proposé avec un contrat de maintenance. Environ 80% des clients ont pour l'instant choisi cette option, a précisé Jean-Paul Ebanga.

A ce jour, plus de 23.600 moteurs CFM56 ont été livrés à plus de 500 clients dans le monde. Sur les quelques 10.000 Boeing 737 commandés à ce jour, plus de 8.800 sont dotés de moteurs CFM.

Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot

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