La taxe pétrolière assombrit l'avenir du raffinage

mardi 10 juillet 2012 20h25
 

par Michel Rose

PARIS (Reuters) - La taxe sur les produits pétroliers va accélérer la perte de compétitivité de l'industrie du raffinage, décourager les investissements et provoquer de nouvelles fermetures, estiment des analystes et des experts interrogés par Reuters.

Le gouvernement français, qui recherchait plusieurs milliards d'euros pour boucler le budget 2012, a confirmé la semaine dernière l'instauration d'une taxe exceptionnelle de 550 millions d'euros qui va toucher tous les acteurs du secteur pétrolier.

Les raffineurs français connaissent une crise depuis plusieurs années, cumulant des marges peu élevées à une faible demande et à une surcapacité de production d'essence, soulignent les analystes du secteur.

En parallèle, le traditionnel débouché américain s'est tari.

"Ils (les raffineurs) ne sont pas incités à rester", a dit à Reuters un analyste spécialisé dans le secteur pétrolier chez Natixis.

"Quand le gouvernement français taxe les riches c'est parce qu'ils ont un patrimoine. Ici, le patrimoine (des raffineurs) ne vaut plus rien", ajoute-t-il.

Cette taxe, a priori exceptionnelle, intervient au pire moment pour le secteur, selon Roy Jordan, spécialiste du pétrole chez Facts Global Energy à Londres.

"Nous sommes dans un contexte de surcapacité en Europe", a dit Roy Jordan. "Il y avait déjà des fermetures en France précisément pour cette raison, et si la situation perdure, il pourrait y en avoir de nouvelles."   Suite...

 
<p>Le gouvernement fran&ccedil;ais, qui recherchait plusieurs milliards d'euros pour boucler le budget 2012, a confirm&eacute; la semaine derni&egrave;re l'instauration d'une taxe exceptionnelle de 550 millions d'euros qui va toucher tous les acteurs du secteur p&eacute;trolier. Cette taxe va acc&eacute;l&eacute;rer la perte de comp&eacute;titivit&eacute; de l'industrie du raffinage, d&eacute;courager les investissements et provoquer de nouvelles fermetures, estiment des analystes et des experts. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai</p>