Rome pourrait solliciter un soutien à son marché obligataire

mardi 10 juillet 2012 18h46
 

par Francesca Landini et Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - L'Italie a évoqué mardi la possibilité de solliciter l'aide de la zone euro pour faire baisser ses coûts d'emprunt, tandis que l'Espagne a obtenu un sursis supplémentaire d'un an pour ramener son déficit dans les clous.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a dit que Rome pourrait être intéressée par un recours aux fonds de sauvetage de la zone euro, afin d'obtenir un soutien au marché obligataire réservé aux pays qui respectent leurs engagements européens et qui ne font pas l'objet d'une surveillance externe.

"Il serait périlleux de dire que l'Italie n'emploiera jamais (ce mécanisme)", a-t-il dit à l'occasion de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne (Ecofin) à Bruxelles. "L'Italie pourrait être intéressée".

Même si les rendements obligataires italiens sont retombés à un peu moins de 6% à 10 ans mardi, ces propos montrent que la crise de la zone euro risque d'emporter l'Italie, troisième économie de la région, membre du G7, et généralement considérée comme impossible à renflouer en cas de graves difficultés en raison de sa taille.

Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) ont convenu dans la nuit de lundi à mardi d'accorder à Madrid un délai d'un an supplémentaire, jusqu'en 2014, pour atteindre ses objectifs budgétaires en échange de nouvelles économies.

La décision a été officiellement entérinée ce mardi par l'Ecofin. Madrid doit désormais ramener son déficit à 6,3% du PIB cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014.

Les ministres de l'Union ont également défini les modalités d'un programme d'aide à la recapitalisation des banques espagnoles, sans donner de montant précis. En tout état de cause, l'UE n'entend pas consacrer plus de 100 milliards d'euros à ces mesures, dont 30 milliards qui devraient mis à la disposition de Madrid d'ici la fin du mois en cas d'urgence.

Un accord de prêt définitif sera signé autour du 20 juillet, a dit le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, en conférence de presse.   Suite...

 
<p>Le ministre de l'Economie espagnol Luis de Guindos (&agrave; gauche) et le pr&eacute;sident du Conseil italien Mario Monti, &agrave; Bruxelles lors d'une r&eacute;union de l'Ecofin. L'Italie a &eacute;voqu&eacute; mardi la possibilit&eacute; de solliciter l'aide de la zone euro pour faire baisser ses co&ucirc;ts d'emprunt, tandis que l'Espagne a obtenu un sursis suppl&eacute;mentaire d'un an pour ramener son d&eacute;ficit dans les clous. /Photo prise le 10 juillet 2012/REUTERS/Fran&ccedil;ois Lenoir</p>