July 9, 2012 / 3:02 PM / 5 years ago

La France se finance pour la première fois à des taux négatifs

3 MINUTES DE LECTURE

<p>La France a &eacute;mis lundi 7,7 milliards d'euros de dette &agrave; court terme &agrave; des taux historiquement bas, les taux &agrave; trois mois et six mois &eacute;tant ressortis n&eacute;gatifs, le taux &agrave; un an quasiment &agrave; z&eacute;ro. /Photo d'archives/Charles Platiau</p>

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - La France a émis lundi 7,7 milliards d'euros de dette à court terme à des taux historiquement bas, les taux à trois mois et six mois étant ressortis négatifs, le taux à un an quasiment à zéro.

Lors de son adjudication hebdomadaire de Bons du Trésor (BTF), l'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l'Etat, a ainsi placé 3,917 milliards d'euros de bons à 13 semaines (trois mois) au taux moyen pondéré de -0,005% (contre +0,04% la semaine dernière), 1,993 milliard de bons à 24 semaines (six mois) au taux moyen de -0,006% (contre 0,096%) et 1,793 milliard d'euros bons à 50 semaines (un an) au taux moyen de 0,013% (contre 0,163% lundi dernier).

Le montant total émis se situe dans le haut de la fourchette annoncée (6,6 à 7,8 milliards d'euros) et le ratio de couverture s'est établi à 2,65%, la demande ayant dépassé les 20 milliards d'euros.

"Tous les taux des pays du noyau dur de la zone euro sur les maturités courtes sont négatifs. La France s'aligne", explique Patrick Jacq, stratégiste taux chez BNP Paribas.

"Il y a des investisseurs qui ont des règles très strictes et qui n'ont pas d'autres choix que d'avoir des papiers sûrs et très liquides quitte à ne pas être rémunérés", ajoute-t-il.

Comme d'autres professionnels, il indique que désormais la facilité de dépôts auprès de la Banque centrale européenne, massivement utilisée par les banques pour placer en toute sécurité leurs liquidités ne rapporte plus rien.

Jeudi dernier, la BCE a abaissé son taux de facilité de dépôt à 0% contre 0,25% parallèlement à sa décision de ramener son principal taux directeur (le refi) de 1% à 0,75%.

Outre les banques privées, les banques centrales font partie des investisseurs contraints d'acheter des titres de court terme français, allemands (Bubills) ou encore néerlandais ou autrichiens, dont la rémunération est nulle ou négative.

Edité par Jean-Michel Bélot

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