Les banques devront réduire leurs coûts de 10% d'ici 2016

jeudi 5 juillet 2012 09h20
 

PARIS (Reuters) - Les principales banques européennes devront réduire leurs coûts de 40 à 70 milliards d'euros d'ici 2016 pour rétablir leur rentabilité, mise à mal par la crise et l'évolution réglementaire, selon les estimations de Roland Berger.

Confrontées à l'effondrement du rendement de leurs fonds propres, passé de 17% en moyenne en 2007 à 4% en 2011, les banques vont devoir réduire leur base de coûts de 10% à 17% sur la période, selon le scénario retenu, pour retrouver des niveaux de rentabilité compris entre 9% et 11%, compatibles avec leur coût du capital, estime le cabinet de consultants dans une étude présentée mercredi.

Le scénario favorable correspondrait à une reprise graduelle de l'économie accompagnée d'une mise en oeuvre progressive des nouvelles dispositions réglementaires, d'un interventionnisme politique limité et du retour à un environnement de financement stable et fluide.

Un scénario plus difficile consisterait en une stagnation durable de l'activité accompagnée d'une application stricte des nouvelles règles, d'un activisme politique et de la persistance d'épisodes de tension sur les marchés.

Les grandes banques européennes ont toutes présenté des plans d'ajustement pour faire face à la crise mais, selon Roland Berger, seules neuf des 25 premières se sont véritablement dotées d'un plan à moyen terme leur permettant de réduire leur ratio d'exploitation de six à sept points.

SOUS-TRAITANTS ET FOURNISSEURS EN PREMIÈRE LIGNE

Les banques françaises ont pour l'instant annoncé des plans d'adaptation à court terme destinés à parer au plus pressé alors qu'aucune banque française n'affiche un ratio d'exploitation inférieur à la moyenne européenne.

Les grandes banques européennes ont ramené leur ratio d'exploitation de 69% en moyenne au milieu des années 90 à 61% à fin 2012, soit une baisse de 0,5 point par an, dans un contexte où la hausse de l'activité de l'ordre de 3 à 5% l'an permettait d'absorber des hausses de coûts de 2 à 4% l'an.

L'objectif d'un ratio d'exploitation de 55% en 2016 retenu par la plupart des banques ayant présenté des plans d'ajustement à cet horizon correspond à une baisse de 1,5 point chaque année. Dans un contexte de relative stagnation du produit net bancaire, il implique un ajustement annuel de -0,5% à -2,5% de la base de coûts.   Suite...