L'ex-PDG de France Télécom mis en examen pour des suicides

mercredi 4 juillet 2012 19h33
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - L'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard a été mis en examen mercredi pour "harcèlement moral" dans l'enquête sur une vague de suicides de salariés, la première procédure pénale à viser en France la politique de gestion du personnel d'une grande société.

Après quatre heures d'audition par deux juges d'instruction, l'ex-dirigeant a été placé sous contrôle judiciaire avec obligation de verser une caution de 100.000 euros, a dit son avocat Jean Veil.

Le siège parisien de l'entreprise, ancienne administration d'Etat devenue société anonyme en 1996, et dont l'actionnariat est majoritairement privé depuis 2004, avait été perquisitionné le 3 avril, comme le domicile de Didier Lombard.

La politique de gestion des ressources humaines de France Télécom, en l'occurrence un plan de restructuration, est susceptible pour la première fois de conduire des dirigeants d'une société du CAC 40 et l'entreprise en correctionnelle.

Remplacé début 2010 par Stéphane Richard, Didier Lombard, qui avait choqué en parlant de "mode des suicides", a publié dans Le Monde de mercredi une tribune dans laquelle il se dit innocent.

Deux autres anciens dirigeants, l'ex-directeur exécutif Louis-Pierre Wenes et le directeur des ressources humaines Olivier Barberot, sont convoqués ces prochains jours et devraient être aussi mis en examen.

France Télécom est susceptible d'être poursuivi aussi en qualité de personne morale. Le harcèlement moral est puni d'un an de prison et 15.000 euros d'amende pour les personnes physiques. Les sociétés encourent principalement des amendes.

Me Jean Veil a expliqué à la presse que Didier Lombard ne s'était pas expliqué sur le fond devant les juges mais avait livré des explications sur le contexte économique, technologique et réglementaire.   Suite...

 
<p>L'ancien pr&eacute;sident-directeur g&eacute;n&eacute;ral de France T&eacute;l&eacute;com Didier Lombard a &eacute;t&eacute; mis en examen mercredi pour "harc&egrave;lement moral" dans l'enqu&ecirc;te sur une vague de suicides de salari&eacute;s. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>