L'Espagne n'est pas encore tirée d'affaire, malgré le sommet

mardi 3 juillet 2012 16h47
 

par Julien Toyer

MADRID (Reuters) - Il sera difficile pour l'Espagne d'éviter de demander une aide internationale en bonne et due forme, malgré les mesures décidées lors du dernier sommet européen pour aider ses banques et faire baisser ses coûts de financement.

Vendredi, les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord pour que les fonds de sauvetage de la région, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) puis le Mécanisme européen de stabilité (MES), puissent injecter directement de l'argent dans les banques espagnoles à partir de l'année prochaine.

Ces fonds pourront aussi acheter des obligations souveraines des pays en difficulté afin d'endiguer la crise de la dette qui menace l'existence même de l'euro.

Mais l'accord européen, s'il présente des avancées réelles, manque de détails et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy va devoir faire face à de longues et difficiles négociations pour finaliser le plan de sauvetage des banques, alors que la récession en Espagne s'aggrave, que le déficit public se creuse et que le taux de chômage s'envole.

Un actif sur quatre en Espagne est sans emploi.

"L'Espagne reste menacée. Son endettement total, public et privé, est toujours écrasant (...) Il sera crucial de voir si la recapitalisation (des banques) peut être faite suffisamment rapidement", a dit un haut responsable de l'Union européenne (UE) qui a participé au sommet.

Selon des sources au sein du gouvernement espagnol, au moins 40 milliards d'euros seront nécessaires dans les prochaines semaines pour éviter la faillite des banques Bankia, CatalunyaCaixa, NovaGalicia et Banco de Valencia. Il reste encore à déterminer d'où proviendra cet argent.

Le Trésor espagnol détient environ 40 milliards d'euros de trésorerie grâce à des conditions de marché devenues plus favorables en début d'année. Mais il va devoir faire face à des échéances de dette de l'ordre de 27,5 milliards d'euros à la fin du mois d'octobre et doit encore émettre environ 100 milliards d'euros de dette cette année.   Suite...

 
<p>Dans une rue de Madrid. Il sera difficile pour l'Espagne d'&eacute;viter de demander une aide internationale en bonne et due forme, malgr&eacute; les mesures d&eacute;cid&eacute;es lors du dernier sommet europ&eacute;en pour aider ses banques et faire baisser ses co&ucirc;ts de financement. /Photo prise le 13 juin 2012/REUTERS/Susana Vera</p>