Le sommet de Bruxelles, vraie-fausse défaite pour Angela Merkel

lundi 2 juillet 2012 13h19
 

par Noah Barkin

BERLIN (Reuters) - Les grands gagnants du sommet européen de vendredi à Bruxelles semblent être l'Italie, l'Espagne et la France, qui donnent l'impression d'avoir réussi à arracher des concessions clés à la chancelière allemande, Angela Merkel, tandis que celle-ci a laissé transparaître une souplesse d'esprit inhabituelle.

Mais si la zone euro existe encore dans quelques années, ce sommet pourrait bien se distinguer autant par ce qu'auront obtenu les Allemands que par ce qu'ils auront cédé.

"Le fait que Monti, Rajoy et Hollande se réjouissent de ce qu'ils présentent comme une victoire en dit long sur les talents de diplomate de Mme Merkel", estime Holger Schmieding, de Berenberg Bank.

La principale concession de la chancelière a porté sur le pouvoir donné au Mécanisme européen de solidarité (MES) de recapitaliser directement les banques.

Selon les déclarations données après le sommet, Angela Merkel n'a accepté cette décision que sous la menace de Mario Monti de retirer son appui au nouveau "pacte de croissance" européen dont elle avait besoin pour emporter les votes cruciaux de vendredi soir au parlement allemand.

Mais plusieurs hauts responsables européens à Bruxelles ont déclaré à Reuters qu'elle avait en fait laissé entendre avant même le sommet qu'elle pourrait s'accommoder d'une recapitalisation directe des banques.

La seule condition posée par la chancelière à ce principe était le soutien de ses partenaires à une demande clé de Berlin: la création d'une autorité centralisée de supervision des banques affiliée à la Banque centrale européenne (BCE).

Les modalités de fonctionnement de cette nouvelle autorité restent à définir, mais sa création pourrait à terme apparaître comme une victoire d'Angela Merkel et de sa vision d'une Europe intégrée dotée de moyens de contrôle centralisés.   Suite...

 
<p>Les grands gagnants du sommet europ&eacute;en de vendredi &agrave; Bruxelles semblent &ecirc;tre l'Italie, l'Espagne et la France, qui donnent l'impression d'avoir r&eacute;ussi &agrave; arracher des concessions cl&eacute;s &agrave; Angela Merkel. Mais si la zone euro existe encore dans quelques ann&eacute;es, ce sommet pourrait bien se distinguer autant par ce qu'aura obtenu la chanceli&egrave;re allemande que par ce qu'elle aura c&eacute;d&eacute;. /Photo prise le 29 juin 2012/REUTERS/Thomas Peter</p>