2 juillet 2012 / 07:17 / dans 5 ans

Le président de Barclays démissionne, le DG sur la sellette

<p>Marcus Agius, le pr&eacute;sident de Barclays a annonc&eacute; lundi sa d&eacute;mission &agrave; la suite du scandale de manipulation des taux qui touche la banque. Il a qualifi&eacute; ce scandale de "coup d&eacute;vastateur" pour la r&eacute;putation de la banque et a estim&eacute; en &ecirc;tre "l'ultime responsable". /Photo d'archives/REUTERS/Suzanne Plunkett</p>

par Steve Slater

LONDRES (Reuters) - Le président de Barclays a annoncé lundi sa démission, estimant être “l‘ultime responsable” d‘un scandale de manipulation des taux d‘intérêt qu‘il juge “dévastateur” pour la réputation de la banque.

Marcus Agius, président de Barclays depuis cinq ans et demi, est la première victime du scandale de manipulation du taux Libor, qui pourrait impliquer d‘autres banques et éventuellement les autorités de régulation, mais sa démission n‘en allège pas moins la pression sur le directeur général, Bob Diamond.

“La responsabilité en incombe à Bob Diamond, et c‘est Bob Diamond qui doit accepter cette responsabilité”, a dit John Mann, l‘un des parlementaires travaillistes qui doit auditionner le directeur général mercredi puis Marcus Agius jeudi.

“Il (Bob Diamond) doit démissionner. Il doit partir. Il n‘y a aucune place pour des personnes comme lui si l‘on veut que le secteur bancaire soit de nouveau considéré comme digne de confiance dans ce pays et que les banques britanniques restaurent leur réputation ternie dans le monde, ce qui est évidemment d‘une importance capitale pour notre économie”, a dit John Mann sur la chaîne Sky News.

Marcus Agius et Bob Diamond étaient sous pression après avoir annoncé le paiement de 453 millions de dollars (358,5 millions d‘euros) aux autorités britanniques et américaines pour mettre fin aux poursuites engagées à l‘encontre de la banque pour manipulation du taux Libor.

Bob Diamond a reconnu mercredi dernier que l‘accord amiable allait entacher l‘image de la banque auprès de ses clients. Il a annoncé qu‘il renoncerait comme d‘autres cadres dirigeants de la banque à son bonus cette année.

Barclays a admis que certains de ses traders avaient tenté de manipuler le taux d‘intérêt offert à Londres (Libor), qui sert de référence à des contrats financiers et de prêts portant sur plus de 350.000 milliards de dollars.

“Les évènements de la semaine dernière - attestant de comportements inacceptables de la part de la banque - ont porté un coup dévastateur à la réputation de Barclays (...) J‘en suis l‘ultime responsable, et je dois reconnaître mes responsabilités en me mettant à l’écart”, a déclaré Marc Agius dans un communiqué.

“Je suis vraiment désolé d‘avoir déçu nos clients, employés et actionnaires”, a-t-il ajouté.

L‘audition de Marc Agius et Bob Diamond cette semaine devant la commission parlementaire devrait permettre de mettre en lumière ce que savaient exactement la Banque d‘Angleterre (BoE) et les autres régulateurs, et des documents dévoilés la semaine dernière pourraient mettre la banque centrale dans l‘embarras.

Selon certains sources, ces documents évoquent une conversation clé dans le scandale, qui s‘est tenue en octobre 2008 entre Bob Diamond et le gouverneur adjoint de la BoE, Paul Tucker.

Plus d‘une douzaine d‘autres banques font l‘objet d‘une enquête menée par les autorités en Europe, au Japon et en Amérique du Nord, dont Citigroup, HSBC et UBS. Les analystes et les banquiers s‘attendent à de nouvelles amendes importantes.

“UN EXAMEN DE FOND EN COMBLE”

Barclays a reconnu avoir présenté des estimations artificiellement basses de ses coûts d‘emprunt entre la fin 2007 et mai 2009, pensant que ses concurrents faisaient de même et que des estimations plus élevées feraient apparaître la banque en difficulté.

Selon des documents du département américain de la Justice, entre novembre 2007 et octobre 2008, certains employés de Barclays ont exprimé leurs inquiétudes auprès de l‘Association britannique des banquiers - le puissant lobby du système bancaire britannique, qui est aussi chargé de fixer le Libor -, la Financial Services Authority, la BoE et la Réserve fédérale de New York sur l’établissement de taux Libor trop bas.

Barclays a annoncé un audit sur ses pratiques, mené par son administrateur indépendant Michael Rake, qui doit devenir vice-président.

L‘audit entreprendra “un examen de fond en comble de toutes les pratiques réalisées par le passé qui se sont révélées défaillantes” et une évaluation des conséquences pour les pratiques de la banque et sa culture d‘entreprise.

De son côté, le gouvernement britannique a ordonné un examen indépendant du marché interbancaire, alors que le scandale du Libor a provoqué une levée de boucliers contre les pratiques du secteur.

Le titre Barclays gagnait 3,6% à 10h15 GMT après avoir reculé dans les premiers échanges à la Bourse de Londres, alors que l‘indice sectoriel européen des banques avançait de 1,44%.

Blandine Hénault pour le service français, édité par Natalie Huet

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