29 juin 2012 / 14:29 / il y a 5 ans

Le sommet rend les marchés euphoriques, banques en tête

<p>Les Bourses europ&eacute;ennes continuent de progresser vendredi en fin de journ&eacute;e, dop&eacute;es par les valeurs bancaires apr&egrave;s l'accord trouv&eacute; dans la nuit entre les dirigeants de l'Union europ&eacute;enne sur la supervision des banques. /Photo prise le 29 juin 2012/Alex Domanski</p>

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les valeurs bancaires se sont envolées et ont entraîné les Bourses européennes dans leur sillage vendredi, dopées par l'accord trouvé dans la nuit entre les dirigeants de l'Union européenne sur la supervision des banques.

L'indice Stoxx des banques de la zone euro a avancé de 8,5%, la plus forte hausse sectorielle en Europe. Les banques grecques ont bondi de 12,73%, l'italienne Intesa Sanpaolo de 11,58% et l'espagnole BBVA de 9%.

A Paris, Société générale, BNP Paribas et Crédit agricole ont caracolé en tête du CAC 40 avec des gains compris entre 8,7% et 10%.

L'indice EuroStoxx 50 s'est octroyé 4,96%, au plus haut depuis le début mai comme le CAC 40, qui a pris 4,75% et signé sa plus forte hausse sur une séance depuis le 28 novembre 2011.

La Bourse de Francfort a avancé de 4,33%, Madrid de 5,66% et Milan de 6,59%.

"Les négociations ont abouti à un consensus qui va au-delà des attentes. Les dirigeants se sont accordés sur des mécanismes de soutien à court terme pour les pays périphériques tout en maintenant la pression sur les finances publiques des Etats avec une conditionnalité forte", commentent dans une note les stratégistes de CM-CIC Securities.

Sur le marché des obligations souveraines, les taux se sont fortement détendus : le 10 ans italien est repassé sous 6%, à 5,84% contre 6,18% la veille et le 10 ans espagnol est passé de 6,96% à 6,36%.

FINI LA "CONSANGUINITÉ"

"Un des problèmes majeurs de la Grèce était que les prêteurs officiels désiraient être prioritaires par rapport aux créanciers existants, et cela a immédiatement affecté les obligations souveraines grecques", estime Saxo Banque dans une note.

"Un des soucis de l'Europe était que la même chose risquait de se répéter en Espagne. Cela ne sera pas le cas grâce au sommet d'hier soir."

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a annoncé au petit matin que les dirigeants de la zone euro s'étaient mis d'accord sur le principe de la création d'une instance unique de supervision des banques de la zone euro, et étaient convenus qu'elles pourraient être recapitalisées directement par le Mécanisme européen de stabilité financière (MES).

Ce dispositif mettrait fin, comme le souhaitaient les marchés, au lien de "consanguinité" entre les banques et les émetteurs souverains de la zone euro.

"Si les fonds alloués sont suffisants, cela permettra de dresser une barrière entre les difficultés bancaires et budgétaires d'un pays", souligne-t-on chez CM-CIC Securities.

"UN MOINDRE PESSIMISME"

L'accord trouvé à Bruxelles permettra aux pays qui ont sollicité un plan de sauvetage pour leurs banques - Espagne et Chypre - de ne pas alourdir leur dette publique, mais les investisseurs estiment que des précisions doivent encore être apportées.

Pour l'heure, le marché se projette déjà vers les prochaines étapes : la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne prévue jeudi prochain et celle de l'Eurogroupe le 9 juillet.

Les investisseurs se montrent d'autant plus prudents que plusieurs sommets européens ont déçu les attentes du marché au cours des deux dernières années.

"Toutefois, pour être complètement rassuré, il va falloir que l'on sache comment les banques vont avoir concrètement accès au financement", souligne Christian Rabeau, directeur de la gestion chez Axa IM. "Pour l'instant, on a fait un pas dans la bonne direction et cela justifie un moindre pessimisme."

Angela Merkel, qui va devoir faire valider cet accord par le parlement allemand, a précisé vendredi matin que la recapitalisation directe des banques serait soumise à conditions et que la dérogation au statut de créancier privilégié du MES ne s'appliquait qu'à l'aide à l'Espagne.

Selon un responsable européen, l'Espagne recevra dans un premier temps un prêt européen pour renflouer ses banques, mais l'opération sera transformée en recapitalisation bancaire directe dès que le MES aura été investi de cette capacité, a précisé un responsable européen.

Avec Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez

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