La stratégie nucléaire de GDF Suez au révélateur de la Belgique

jeudi 28 juin 2012 18h43
 

par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS (Reuters) - GDF Suez va probablement revoir à la baisse ses ambitions dans le nucléaire, même s'il obtient cet été une prolongation de la durée de vie de ses réacteurs en Belgique, qui constituent sa vitrine dans le secteur.

Le groupe français, qui n'a pas réussi à obtenir l'exploitation d'une centrale nucléaire en France, pourrait participer à des projets au Moyen-Orient, notent des analystes. Mais l'impact politique de la catastrophe de Fukushima et la crise qui complique les montages financiers l'incitent de plus en plus à la prudence.

En Belgique, le gouvernement présentera d'ici à la fin juillet un plan d'équipement en nouvelles capacités de production pour accompagner sa décision de sortir du nucléaire d'ici à 2025.

Pour GDF Suez, qui devrait annoncer les contours de sa nouvelle stratégie une fois ces projets connus, l'enjeu consiste d'abord à négocier la prolongation pour dix ans de la durée de vie de trois de ses sept réacteurs belges, les plus vieux, dont la fermeture pourrait intervenir en 2015.

Ses sept réacteurs, répartis dans deux centrales, sont d'autant plus essentiels pour GDF Suez qu'ils sont les seuls dont il assure l'exploitation via sa filiale belge Electrabel.

"La décision belge est importante pour GDF Suez (...). Si vous ne disposez pas d'une base nucléaire existante, il est probable que vous ne serez pas vu comme un opérateur ou un investisseur crédible dans cette technologie à l'étranger", juge Fabien Roques, responsable des recherches sur l'électricité en Europe au sein du cabinet de consultants IHS.

POSITION DE FORCE

L'ensemble des réacteurs nucléaires belges a représenté environ 8,5% de l'Ebitda de GDF Suez en 2011 avec une contribution que les analystes de Credit Suisse évaluent à environ 1,4 milliard d'euros.   Suite...

 
<p>G&eacute;rard Mestrallet, le PDG de GDF Suez. Le groupe, qui n'a pas r&eacute;ussi &agrave; obtenir l'exploitation d'une centrale nucl&eacute;aire en France, va probablement revoir &agrave; la baisse ses ambitions dans le nucl&eacute;aire, m&ecirc;me s'il obtient cet &eacute;t&eacute; une prolongation de la dur&eacute;e de vie de ses r&eacute;acteurs en Belgique, en raison de l'impact politique de la catastrophe de Fukushima et de la crise qui complique les montages financiers. /Photo d'archives/REUTERS/John Schults</p>