Quatre usines automobiles sur dix en surcapacité en Europe

mardi 26 juin 2012 19h10
 

PARIS (Reuters) - Quatre usines automobiles européennes sur dix souffrent actuellement de surcapacités, notamment en Italie et en France, selon une étude du cabinet de conseil Alix Partners publiée mardi.

Ces quarante sites de production, sur la centaine qu'héberge le continent, opèrent en deçà de leur point mort en utilisant moins de 75-80% de leurs capacités de production, taux jugé optimum pour le secteur.

"L'équivalent de ces 40 usines sous-chargées représente plus de 1,4 million d'unités de production annuelle", a déclaré Nicolas Beaugrand, directeur chez Alix Partners en charge du secteur automobile à Paris. "C'est une surcapacité considérable qui ne peut pas dans la durée rester ainsi."

Pour pallier cette sous-utilisation imputable à la concurrence croissante de véhicules fabriqués hors d'Europe et à une baisse du marché européen attendue cette année de l'ordre de 5%, les constructeurs enchaînent les remises, mais si cette stratégie permet de soutenir en partie les volumes, elle pèse sur la rentabilité.

"C'est une spirale vers le bas, et tant qu'il n'y a pas un changement plus structurel dans le redémarrage du marché ou dans la baisse des capacités, cette course accroît non stop la pression sur les constructeurs et sur leur santé financière", a ajouté Nicolas Beaugrand.

Face à ce problème chronique de surcapacités, l'Europe est coupée en deux. Selon Alix Partners, le taux d'utilisation des usines allemandes est estimé à 89% en 2012, soutenu par la demande pour le haut de gamme germanique en Europe et à l'export tandis qu'en Grande-Bretagne, il est estimé à 92% grâce à l'actuel mouvement de relocalisation d'activités de production sur le sol britannique.

Par contraste, le taux d'utilisation des capacités devrait tomber à 60% cette année dans les usines françaises, et à 54% dans les sites d'assemblage italiens.

Le salut ne viendra pas du marché, puisqu'Alix Partners estime que les ventes en Europe devraient continuer de se dégrader en 2013, et les constructeurs les plus exposés -souvent des généralistes- ne pourront selon le cabinet faire l'économie de restructurations.

L'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) semble aujourd'hui la plus menacée, le groupe sochalien refusant d'évoquer un modèle pour prendre la relève de la Citroën C3 après 2014. Mais chez le compatriote Renault, si l'ensemble des sites français ont été pérennisés dans le dernier plan stratégique horizon 2016, l'usine de Maubeuge (Nord) a récemment réduit la voilure pour s'adapter à un fléchissement de la demande pour le Kangoo.   Suite...

 
<p>Quatre usines automobiles europ&eacute;ennes sur dix - sur la centaine qu'h&eacute;berge le continent - souffrent actuellement de surcapacit&eacute;s, notamment en Italie et en France, selon une &eacute;tude du cabinet de conseil Alix Partners. /Photo prise le 23 mai 2012/REUTERS/Albert Gea</p>