La Société générale accable Jérôme Kerviel à son procès

lundi 25 juin 2012 16h58
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Les avocats de la Société générale ont accablé lundi l'ancien trader Jérôme Kerviel à son procès en appel pour une perte de trading historique de 4,9 milliards d'euros en 2008 et nié qu'il soit la victime d'un complot.

Les conseils de la banque, Jean Reinhart, Jean Veil et François Martineau plaidaient en position de partie civile afin d'obtenir la confirmation de la décision de première instance de 2010 qui, outre les trois ans de prison ferme infligés au prévenu, l'a aussi condamné à rembourser le préjudice.

François Martineau a jugé absurde la nouvelle défense de Jérôme Kerviel, qui soutient que la banque l'a sciemment laissé prendre des positions irrégulières et non couvertes de 30 milliards d'euros en 2007 et 50 milliards en 2008, afin de lui imputer les pertes futures sur les "subprimes".

Il n'était pas prévu en 2007 de faire des pertes sur les produits liés aux crédits immobiliers à risque américains, a fait remarquer l'avocat. De toute façon, a-t-il dit, "cette thèse suppose qu'un si grand nombre de gens participent au complot qu'il aurait été découvert par la brigade financière".

Il ne voit pas quel intérêt aurait eu la Société générale à "cacher un trou par un plus grand trou". Me Martineau pense que cette thèse, qu'il juge "délirante", renvoie plutôt à un problème que le prévenu a avec lui-même.

"Vous avez travaillé le dossier comme celui qui veut tout nier (...) Ce faisant, vous êtes passé du mensonge au déni de la réalité", a-t-il dit.

Evoquant les propos tenus par Jérôme Kerviel la semaine dernière, demandant aux juges de mettre fin à son "calvaire", il a estimé qu'une telle épreuve devait amener à se réconcilier "avec la vérité". "Je vous le demande, cette réconciliation, en êtes-vous capable ?", a lancé l'avocat au prévenu, qui doit parler une dernière fois jeudi.

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<p>Les avocats de la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;rale ont jug&eacute; absurde lundi la nouvelle d&eacute;fense de J&eacute;r&ocirc;me Kerviel, &agrave; son proc&egrave;s en appel, qui soutient que la banque l'a sciemment laiss&eacute; prendre des positions irr&eacute;guli&egrave;res et non couvertes de 30 milliards d'euros en 2007 et 50 milliards en 2008, afin de lui imputer les pertes futures sur les "subprimes". /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>