25 juin 2012 / 11:55 / il y a 5 ans

Madrid demande l'aide de la zone euro pour renflouer ses banques

<p>Devant une succursale &agrave; Madrid de CatalunyaCaixa, l'une des quatres banques nationalis&eacute;es (avec Bankia, NovaGalicia et Banco de Valencia) &agrave; qui la majeure partie de l'aide devrait b&eacute;n&eacute;ficier. L'Espagne a formellement sollicit&eacute; lundi l'aide financi&egrave;re de la zone euro pour renflouer ses banques mais sans pr&eacute;ciser le montant des capitaux dont elle a besoin. /Photo prise le 25 juin 2012/Andrea Comas</p>

par Julien Toyer

MADRID (Reuters) - L'Espagne a formellement sollicité lundi l'aide financière de la zone euro pour renflouer ses banques mais sans préciser le montant des capitaux dont elle a besoin, une démarche qui est loin de répondre à toutes les questions de ses partenaires et des investisseurs.

Dans une lettre adressée au président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos explique que le montant définitif de l'aide, qui pourrait atteindre 100 milliards d'euros, sera fixé ultérieurement.

Il confirme son intention de signer d'ici le 9 juillet un protocole d'accord et assure que l'aide demandée sera suffisante pour couvrir tous les besoins des banques et constituer un matelas de sécurité.

Le secrétaire d'Etat à l'Economie a précisé que l'aide aux banques pourrait être accordée d'ici trois à quatre mois. Il a ajouté que d'ici là, les banques pourraient en cas d'urgence faire appel à des mécanismes temporaires de liquidité.

Le plan, objet d'un accord de principe de l'Eurogroupe conclu le 9 juin, vise à aider les banques espagnoles à résister aux retombées de l'éclatement de la bulle immobilière et à la récession qui l'a suivie, avec pour conséquence une accumulation des créances douteuses et une dévalorisation des portefeuilles d'actifs immobiliers.

Deux audits indépendants ont conclu la semaine dernière que les besoins de capitaux frais du secteur bancaire pourraient atteindre 62 milliards d'euros dans le pire des scénarios. Un audit détaillé doit être rendu en septembre.

Selon des sources financières et gouvernementales, la majeure partie de l'aide devrait bénéficier à quatre banques nationalisées (Bankia, CatalunyaCaixa, NovaGalicia et Banco de Valencia). Ces établissements pourraient avoir besoin de 40 milliards d'euros environ dès juillet, ont dit ces sources.

Outre le montant de l'aide, les discussions à venir devront déterminer son mécanisme et donc décider qui, du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou du Mécanisme européen de stabilité (MES), l'octroiera in fine à Madrid. Une question importante car le MES bénéficiera d'un statut de créancier privilégié par rapport aux investisseurs privés.

MADRID SERA SOUS HAUTE SURVEILLANCE

Des documents publiés vendredi montrent que Madrid prévoit de faire passer de nouveaux tests de résistance à ses banques d'ici octobre, ce qui lui assure un délai supplémentaire d'au moins deux mois pour négocier les modalités du plan.

Le gouvernement souhaite éviter que l'aide transite par l'Etat espagnol, ce qui se traduirait par une augmentation de la dette publique.

"La question de savoir si l'aide sera donnée directement aux banques reste posée. Cette question a été débattue à Rome par les quatre dirigeants européens et aucune solution n'a été trouvée pour l'instant", a dit lundi à Luxembourg le ministre des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo.

De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières Olli Rehn a estimé qu'il faudrait quelques semaines pour conclure un accord sur les modalités de l'aide à Madrid, en évoquant la nécessité d'y inclure des mesures de restructuration du secteur financier.

Le président du gouvernement Mariano Rajoy a assuré qu'il prendrait prochainement de nouvelles mesures pour stimuler la croissance et le marché du travail.

Mais pour certains économistes, l'aide aux banques espagnoles sera bel et bien le prélude à un renflouement de l'Etat lui-même, dont les coûts de financement se sont envolés en début de semaine dernière au-delà de 7% à 10 ans avant de redescendre sous 6,5%.

Le rendement espagnol repartait néanmoins à la hausse lundi,

les marchés prenant acte des conclusions de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement des quatre principales économies de la zone euro vendredi à Rome, et notamment du fait qu'Angela Merkel, la chancelière allemande, ait rejeté tout nouvel engagement financier destiné à soutenir l'euro.

Même si le plan de renflouement des banques espagnoles n'impose pas des conditions spécifiques en termes de politique économique, l'Espagne n'en sera moins surveillée de près par ses partenaires.

"La manière dont l'Espagne respecte chacun de ses engagements sera examinée plus attentivement que s'il s'agissait d'un pays qui n'a pas demandé d'assistance", a souligné le commissaire à la Concurrence Joaquin Almunia, qui aura la responsabilité de superviser l'aide aux banques et d'assurer que celle-ci ne crée pas de distorsion de concurrence par rapport au reste du secteur dans l'UE.

Avec Luke Baker à Bruxelles, Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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