June 23, 2012 / 4:13 PM / 5 years ago

Les projets d'Athènes pour assouplir la rigueur

4 MINUTES DE LECTURE

<p>Le parlement grec &agrave; Ath&egrave;nes. Le nouveau gouvernement grec souhaite un all&egrave;gement de la fiscalit&eacute;, des aides pour les ch&ocirc;meurs et les travailleurs pauvres, un gel des suppressions d'emplois dans le secteur public et davantage de temps pour r&eacute;duire son d&eacute;ficit public, selon un document dont Reuters a pu prendre connaissance samedi. /Photo prise le 4 mai 2012/Yorgos Karahalis</p>

par Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - Le nouveau gouvernement grec souhaite un allègement de la fiscalité, des aides pour les chômeurs et les travailleurs pauvres, un gel des suppressions d'emplois dans le secteur public et davantage de temps pour réduire son déficit public, selon un document dont Reuters a pu prendre connaissance samedi.

S'il était mis en oeuvre dans son intégralité, ce projet annulerait une partie importante des mesures d'austérité que le pays a dû accepter en février pour obtenir un plan de sauvetage de 130 milliards d'euros de la part de ses créanciers internationaux.

Les partenaires européens de la Grèce se sont dits prêts à accepter des ajustements à ce plan, notamment pour tenir compte d'une récession plus importante que prévu, mais pas à une réécriture complète des conditions posées pour sauver le pays de la faillite. L'Allemagne s'est montrée particulièrement réticente aux appels à l'indulgence.

Le programme du gouvernement, établi par les dirigeants de la nouvelle coalition au pouvoir - conservateurs de Nouvelle Démocratie, socialistes du Pasok et Gauche démocratique - après les élections législatives du 17 juin, passera un premier test à l'occasion du Conseil européen de jeudi et vendredi prochains qui sera dominé par la question de la crise de la dette.

Auparavant, la Grèce aura reçu les inspecteurs de la troïka de ses créanciers internationaux - Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - qui sont attendus dès lundi à Athènes.

Recapitalisation

Le programme du nouveau gouvernement prévoit une baisse de la TVA dans la restauration et l'agriculture, qui se situe pour l'instant à 23%, un gel des suppressions de postes dans le secteur public et une indemnisation du chômage sur deux années au lieu d'une.

Le seuil du taux le plus bas de l'impôt sur le revenu serait relevé, tandis que le salaire minimum, réduit de 22% en février, serait révisé conformément aux accords entre employeurs et salariés.

"L'objectif d'ensemble est qu'il n'y ait pas de réduction supplémentaire des salaires ni des retraites et pas d'impôt supplémentaire", lit-on dans le document.

Le gouvernement va aussi demander un délai supplémentaire de deux ans, jusqu'en 2016, pour ramener le déficit budgétaire à 2,1% du produit intérieur brut (PIB). Il était de 9,3% en 2011.

Le programme grec comprend aussi un appel à la recapitalisation de la cinquième banque du pays, l'ATEbank, une banque publique spécialisée dans l'agriculture, qui figurerait selon certaines sources de l'Union européenne sur la liste des établissements financiers que la Commission européenne veut démanteler.

"La troïka sera lundi à Athènes mais le test décisif sera au sommet européen de jeudi", assure l'éditorial du quotidien de gauche Ehnos.

Danielle Rouquié pour le service français

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