Les artisans du luxe français cherchent leur voie à l'export

vendredi 22 juin 2012 19h13
 

par Nina Sovich

PARIS (Reuters) - La famille de Poupie Cadolle fabrique de la lingerie dans un atelier de la rue Saint-Honoré depuis cinq générations. Princesses qataries, actrices américaines et épouses de banquiers suisses franchissent le seuil de sa boutique en quête du soutien-gorge ou du corset de leurs rêves.

Au moment où la crise désespère les acheteuses françaises et américaines, Cadolle, comme beaucoup de petites sociétés françaises du luxe, cherche à profiter de l'afflux de clientes des pays émergents pour prendre une part de ce marché de 191 milliards de dollars (152 milliards d'euros).

"Les quatre derniers mois ont été difficiles", dit Poupie Cadolle, une petite femme au sourire chaleureux, qui propose des bustiers à 5.000 euros et des soutiens-gorges à 600 euros.

"On a beaucoup réfléchi à des moyens de trouver de nouveaux clients, au-delà du bouche-à-oreille. Ce n'est pas facile".

Sans espoir de rivaliser avec la force de frappe de conglomérats comme LVMH, Richemont ou PPR, Cadolle se montre sélectif, visant le Brésil plutôt que la Chine, à travers des événements sur invitation.

"En Chine, les clientes ne veulent que des grandes marques reconnaissables", dit Pierre Mallevays, associé chez Savigny Partners, société de financement d'entreprises spécialisée dans le luxe et la distribution. "Pour que votre marque soit crédible, la Chinoise qui voyage s'attendra à voir vos magasins à Paris, Milan ou New York".

Incapables de suivre un tel plan de développement au prix de l'immobilier dans les grandes capitales, les petites marques misent plutôt sur l'authenticité d'une échoppe au coeur de Paris pour conquérir les clientes de Russie ou d'Asie centrale.

La plupart garantissent que tout est fabriqué à la main par des artisans français - un argument parfois difficile à faire passer auprès de la clientèle des pays émergents.   Suite...