Cellectis a 6 mois pour s'imposer dans les biocarburants

vendredi 22 juin 2012 15h46
 

par Noëlle Mennella et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - Cellectis devra démontrer d'ici à janvier 2013 que sa chirurgie du génome peut permettre de créer des biocarburants de troisième génération à partir de microalgues, a déclaré son directeur général à Reuters.

En cas de succès, la biotech se donne ensuite quatre ans pour passer, à une production pilote de substituts pétroliers avec l'aide de Total, son partenaire dans ce domaine depuis janvier dernier.

"L'enjeu au cours de la première année qui va s'achever en janvier 2013 est de démontrer l'efficacité de notre technologie dans les algues qui n'a pas encore été démontrée par qui que ce soit", a expliqué André Choulika, directeur général de la société de biotechnologie lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Si cette étape est franchie on se donne un horizon de quatre ans avec Total pour obtenir un procédé pilote de plusieurs milliers de litres de production", a-t-il ajouté. "Cette étape devra concerner un nombre significatif de millions d'euros et cela chaque année et toute les années du développement."

Il a souligné que l'étape industrielle "plus longue et plus coûteuse" que la phase technologique conduirait à revoir "les équilibres avec Total, d'un point de vue financier notamment".

Dans le cadre de leur accord, Cellectis et Total se sont engagés à supporter à parts égales le coût, non divulgué, de ce programme sur lequel une dizaine de chercheurs travaillent depuis février. De même, ils détiendront à 50-50 les technologies et les produits issus de leurs travaux.

Les coûts de développement du projet, d'au moins quelques millions d'euros par an dans les premières années, pourraient atteindre à terme quelques dizaines de millions d'euros pour une unité pilote, a expliqué André Choulika.

Le partenariat de Cellectis et de Total est concurrent de celui signé en juillet 2009 entre l'américain Exxon Mobil et l'entreprise de biotechnologies Synthetic Genomics. Pour élaborer un biocarburant alternatif à base d'algues, Exxon prévoit d'investir jusqu'à 600 millions de dollars dans le projet.   Suite...

 
<p>Le directeur g&eacute;n&eacute;ral de Cellectis Andre Choulika. La soci&eacute;t&eacute; de biotechnologie devra d&eacute;montrer d'ici &agrave; janvier 2013 que sa chirurgie du g&eacute;nome peut permettre de cr&eacute;er des biocarburants de troisi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration &agrave; partir de microalgues et se donne ensuite quatre ans, en cas de succ&egrave;s, pour passer &agrave; une production pilote de substituts p&eacute;troliers avec l'aide de Total, son partenaire dans ce domaine depuis janvier dernier. /Photo d'archives/REUTERS/Mal Langsdon</p>