L'ex-PDG de la Société générale nie tout complot contre Kerviel

jeudi 21 juin 2012 21h40
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - L'ancien patron de la Société générale Daniel Bouton a réfuté jeudi la théorie d'un complot avancée par l'ex-trader Jérôme Kerviel jugé en appel pour la perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008.

Entendu presque en dernier à ce procès où Jérôme Kerviel, condamné en première instance à trois ans de prison ferme et au remboursement en totalité du préjudice, demande sa relaxe, Daniel Bouton s'est dit médusé d'avoir appris dans la presse ce scénario avancé par son ex-employé.

"Les bras m'en sont tombés", a dit à la barre l'ancien PDG devenu consultant, comparant la théorie aux thèses conspirationnistes sur les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Sous la pression des milieux politiques, notamment de Nicolas Sarkozy, il a dû quitter en 2009 la banque, dont il avait fait un établissement considéré comme un fleuron.

Jérôme Kerviel et sa défense soutiennent depuis l'ouverture du procès au début du mois que la banque a laissé faire son trader et qu'elle a ensuite utilisé ses pertes pour masquer celles provoquées par les "subprimes", les produits financiers liés aux crédits à risque américains, à l'origine de la crise.

Toujours selon cette thèse, la banque perdait moins de crédit à se dire victime d'un homme seul que de ses investissements risqués et limitait ainsi l'impact de ce problème sur tout le système bancaire.

La Société générale, partie civile, parle de "délire" et Daniel Bouton a ironisé sur cette théorie. "Il faudrait que Jérôme Kerviel admette que je venais le voir la nuit dans un habit invisible".

Jérôme Kerviel admet avoir pris des positions de 30 milliards d'euros en 2007 puis 50 milliards d'euros en 2008 sur des contrats futures portant sur des indices boursiers européens. Il avoue aussi avoir pris des ordres fictifs censés couvrir le risque et avoir répondu aux interrogations par des faux.   Suite...

 
<p>L'ancien patron de la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;rale Daniel Bouton a r&eacute;fut&eacute; jeudi la th&eacute;orie d'un complot avanc&eacute;e par l'ex-trader J&eacute;r&ocirc;me Kerviel jug&eacute; en appel pour la perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard</p>