Madrid devrait demander l'aide pour ses banques d'ici lundi

vendredi 22 juin 2012 01h17
 

par Julien Toyer et Jan Strupczewski

LUXEMBOURG/MADRID (Reuters) - L'Espagne devrait officiellement solliciter d'ici lundi une aide européenne pour recapitaliser ses banques en difficulté, dont les besoins pourraient s'élever jusqu'à 62 milliards d'euros, selon deux audits indépendants rendus publics jeudi.

A l'issue d'une réunion jeudi soir à Luxembourg des 17 ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a précisé que l'aide à l'Espagne devrait être initialement fournie par le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ce prêt sera ensuite repris par le Mécanisme européen de stabilité (MES), structure permanente censée devenir opérationnelle à partir du 9 juillet.

"L'aide financière sera fournie par le FESF jusqu'à ce que le MES puisse être utilisé et elle sera ensuite transférée au MES", a dit Jean-Claude Juncker.

"Nous nous attendons à ce que les autorités espagnoles déposent une demande formelle d'assistance financière d'ici lundi prochain", a ajouté le ministre luxembourgeois.

Cette solution devrait permettre de dissiper une crainte des investisseurs privés: le MES serait un créancier remboursé prioritairement en cas de faillite de l'Espagne, ce qui n'est pas le cas si l'argent provient du FESF.

La demande d'aide formelle devrait être déposée auprès de la zone euro d'ici quelques jours, a précisé le ministre de l'Economie espagnol, Luis de Guindos.

MARGE DE MANOEUVRE

Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus début juin sur le principe d'une aide pouvant atteindre 100 milliards d'euros pour permettre à l'Espagne de recapitaliser son secteur bancaire, fragilisé par l'explosion de la bulle immobilière et la récession économique.   Suite...

 
<p>Bankia, &eacute;tablissement au coeur des difficult&eacute;s du syst&egrave;me bancaire espagnol. Selon les r&eacute;sultats de deux audits ind&eacute;pendants men&eacute;s dans le secteur, les banques espagnoles auraient besoin de 51 &agrave; 62 milliards d'euros de capitaux suppl&eacute;mentaires pour faire face &agrave; une nouvelle d&eacute;gradation s&eacute;rieuse de l'&eacute;conomie et de nouvelles pertes dans leurs livres de comptes. /Photo prise le 21 juin 2012/REUTERS/Marcelo del Pozo</p>