La BCE veut se démarquer des agences de notation

jeudi 21 juin 2012 15h45
 

par Andreas Framke et Marc Jones

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) étudie la possibilité d'évaluer elle-même, et non plus par le biais des agences de notation, la valeur des obligations souveraines de la zone euro, lorsqu'elles sont employées comme collatéral, ont dit jeudi des sources de la banque centrale.

Face à cet objectif à moyen terme, la BCE étudie par ailleurs les moyens d'aider tout de suite l'Espagne et ses banques, par exemple en élargissant à nouveau la gamme de collatéraux que ses dernières peuvent présenter.

L'Espagne se prépare à être déclassée par la petite agence de notation DBRS, ce qui, sans changement des normes de la BCE, déclenchera une pénalité supplémentaire de 5% lorsque les obligations espagnoles sont soumises en garantie pour obtenir des financement très bon marché de la BCE.

Des membres de la BCE ont vivement critiqué les décisions des agences de notation en pleine crise de la zone euro et entendent se désolidariser le plus possible de leurs notes.

"Au cas où le conseil des gouverneurs prendrait une telle décision, cela réduirait l'influence amplement vilipendée de Standard & Poor's, Moody's et Fitch", a dit une source de banque centrale de la zone euro.

"Par ailleurs, cela pourrait élargir le gisement, qui va en diminuant, de collatéraux disponibles pour les banques de pays en difficulté".

La décision sur les moyens d'aider immédiatement l'Espagne et ses banques reste largement ouverte, a dit un autre banquier central.

L'Espagne compte recapitaliser son secteur bancaire par le biais d'une aide d'une centaine de milliards d'euros apportée par la zone euro mais si la BCE veut éviter aux banques espagnoles de se retrouver étranglées, elle veut également éviter de trop faciliter la tâche à Madrid.   Suite...

 
<p>La Banque centrale europ&eacute;enne &eacute;tudie la possibilit&eacute; d'&eacute;valuer elle-m&ecirc;me, et non plus par le biais des agences de notation, la valeur des obligations souveraines de la zone euro, lorsqu'elles sont employ&eacute;es comme collat&eacute;ral. /Photo prise le 24 janvier 2012/REUTERS/Lmar Niazman</p>