Sprint final à Air France pour éviter le conflit social

mercredi 20 juin 2012 17h31
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - A la veille d'un comité d'entreprise crucial, les négociations se tendent entre la direction d'Air France et les syndicats, qui rejettent tout licenciement sec dans le cadre du plan de redressement de la compagnie aérienne.

La direction de la compagnie française, largement responsable des pertes du groupe franco-néerlandais Air France-KLM, devrait chiffrer jeudi matin à environ 5.000 postes les sureffectifs dans son plan "Transform 2015" visant à réduire de 20% ses coûts d'ici fin 2014, selon les estimations circulant en interne.

Pour économiser un total de deux milliards d'euros d'ici fin 2014 et réduire sa dette d'autant, le groupe franco-néerlandais, dont l'Etat français détient 15,9%, compte réduire à la fois ses investissements, sa flotte et ses effectifs.

"Les négociations se déroulent au pas de course. Cela se tend à mesure que les négociations approchent de la fin", a observé Béatrice Lestic, secrétaire générale de la CFDT d'Air France.

"On veut la garantie de ne pas avoir de licenciements secs sur la durée du plan 'Transform'. On ne l'a pas formellement. C'est un vrai point de blocage", a-t-elle ajouté.

Aucun syndicat ne semble pour le moment vouloir emboîter le pas à Sud Aérien qui appelle à la grève dès ce jeudi, mais tous préviennent qu'un mouvement social n'est pas à exclure en cas de blocage fin juin.

"Ce ne sont pas de vraies négociations. On a beaucoup de réunions et quand on en sort, on a l'impression d'être loin du compte", a observé Philippe Chassonnery, secrétaire général de FO Air France.

L'absence d'accord début juillet pourrait déboucher sur un conflit social au moment des grands départs en vacances et empêcher une remontée du cours en Bourse d'Air France-KLM, les marchés attendant beaucoup de l'issue des négociations.   Suite...

 
<p>A la veille d'un comit&eacute; d'entreprise crucial, les n&eacute;gociations se tendent entre la direction d'Air France et les syndicats, qui rejettent tout licenciement sec dans le cadre du plan de redressement de la compagnie a&eacute;rienne. /Photo d'archives/REUTERS</p>