20 juin 2012 / 05:33 / il y a 5 ans

Le G20 soutient les efforts de l'Europe pour sortir de la crise

<p>L'Europe a re&ccedil;u mardi le soutien des dirigeants du G20 r&eacute;unis au Mexique &agrave; son projet de jeter les bases d'une refonte de son syst&egrave;me bancaire, dans l'optique de r&eacute;gler l'interminable crise de la dette souveraine. /Photo prise le 19 juin 2012/Pr&eacute;sidence mexicaine</p>

LOS CABOS, Mexique (Reuters) - L'Europe a reçu mardi le soutien des dirigeants du G20 réunis au Mexique à son projet de jeter les bases d'une refonte de son système bancaire, dans l'optique de régler l'interminable crise de la dette souveraine et de restaurer la confiance.

A plusieurs reprises, le principe d'une intégration du secteur bancaire à l'échelle européenne a été évoqué afin de briser la "boucle" qui lie pour l'instant les Etats souverains et les banques, dont les coûteuses recapitalisations se traduisent par un creusement des déficits publics.

Le président américain Barack Obama a dit avoir perçu le sentiment d'urgence chez les Européens, qui savent quelles mesures prendre pour "faire tomber la fièvre".

"Chaque pas montre que l'Europe se dirige vers davantage d'intégration plutôt que vers une rupture", a-t-il déclaré au terme de deux jours de réunions entre les dirigeants des 20 pays les plus industrialisés et émergents à Los Cabos, au Mexique.

La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a salué le processus en cours, estimant que "les graines d'un plan de reprise étaient plantées".

"Ce n'est pas grave si cela prend beaucoup de temps, il faut que ce soit bien fait", a-t-elle estimé, invitant à prendre en parallèle des mesures d'urgence et à plus long terme.

Les dirigeants du G20 attendent maintenant le Conseil européen des 28 et 29 juin à Bruxelles, qui devrait lancer le processus vers davantage d'intégration, via notamment une union bancaire.

D'ici là, une réunion intermédiaire à quatre - le Français François Hollande, l'Allemande Angela Merkel, l'Italien Mario Monti et l'Espagnol Mariano Rajoy - est prévue vendredi à Rome.

"POSSIBILITÉS D'ACCORD" AU NIVEAU EUROPÉEN, DIT HOLLANDE

"J'ai confiance dans ce processus parce que sur la croissance, sur l'union bancaire, sur la perspective de faire que solidarité et responsabilité budgétaires soient liées, nous avons des possibilités d'accord", a déclaré François Hollande, soucieux d'"aller vite et faire juste et bien".

L'annonce selon laquelle le G20 préparait un communiqué témoignant de la volonté de restaurer la croissance n'aura cependant pas suffi à rassurer totalement les marchés, comme en témoigne la poursuite de l'envolée des rendements espagnols.

Les obligations émises par le Trésor madrilène continuent ainsi de servir des rendements supérieurs à 7%, un seuil jugé intenable.

À ce niveau, beaucoup craignent que l'Espagne finisse par devoir se résoudre à demander un plan d'aide international, comme l'Irlande, la Grèce et le Portugal avant elle.

Le président français François Hollande a reconnu la responsabilité des Européens dans la résolution de la crise de la dette, déclarant que le Fonds monétaire international n'avait pas vocation à renflouer la zone euro même s'il peut être mis à contribution pour des pays en grande difficulté comme la Grèce.

La France et l'Allemagne ont conscience que la réponse à la crise qui ébranle les pays de la zone euro ne peut venir de l'extérieur, a ajouté le président français.

Le sérieux des sujets abordés au cours des deux jours de discussions et les inquiétudes sur l'état de l'économie mondiale contrastaient avec l'ambiance estivale de la cité balnéaire de Basse-Californie baignée de soleil où poussent les cactus et frémissent les vagues du golfe de Cortes.

Dans le communiqué final, les pays de la zone euro sont invités à "prendre toutes les mesures politiques nécessaires pour préserver l'intégrité et la stabilité de la zone euro, y compris en matière de fonctionnement des marchés financiers et en brisant la boucle qui lie les Etats souverains et les banques".

PAS DE MENTION DE TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES

"Nous saluons les initiatives importantes prises par la zone euro depuis le dernier sommet pour soutenir la croissance, garantir la stabilité financière et promouvoir la responsabilité budgétaire", ajoute le communiqué final du sommet.

"L'adoption du pacte budgétaire et sa mise en oeuvre, combinées à des politiques de soutien à la croissance, des réformes structurelles et des mesures de stabilisation financière, constituent des pas importants vers une plus grande intégration budgétaire et économique permettant de conduire à des coûts d'emprunt supportables."

A la différence de la déclaration finale du précédent G20, à Cannes en novembre, le texte de Los Cabos ne mentionne pas de projet de taxe sur les transactions financières, à laquelle sont opposés des pays comme la Grande-Bretagne et le Japon.

François Hollande a dit voir dans cette absence une incitation à oeuvrer à des niveaux plus limités dans le cadre d'une coopération renforcée, projet qui pourrait voir le jour dès l'an prochain.

"J'ai bon espoir que sur la base d'une coopération renforcée, à quelques pays, la taxe sur les transactions financières va être rapidement en vigueur. Quand je dis rapidement, c'est dans l'année 2013", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse finale du sommet du G20.

Elizabeth Pineau, avec l'équipe de Reuters à Los Cabos, édité par Bertrand Boucey

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