Des élus proposent un "new deal" pour sauver l'automobile

mardi 19 juin 2012 16h59
 

RENNES (Reuters) - Des élus d'une soixantaine de collectivités territoriales hébergeant des sites automobiles proposent un "new deal" pour enrayer le déclin du secteur en France, notamment en favorisant la construction de petites voitures et en freinant l'importation de gros modèles très polluants.

L'industrie automobile française est "prise en tenailles entre la concurrence allemande qui aborde les marchés par le haut et la concurrence des PECO (pays d'Europe centrale et orientale) et la Turquie, positionnés sur les petits modèles", écrivent ces élus regroupés au sein de l'ACSIA (Association des collectivités sites d'industrie automobile).

Placé sous l'égide de Pierre Moscovici, président de l'ACSIA devenu désormais ministre de l'Economie, ce livre blanc de 67 pages prend le contre-pied d'une tendance actuelle à la délocalisation du segment ultra-concurrentiel des petits modèles qui s'opère en faveur des voitures plus haut de gamme.

Dans leur rapport, les élus préconisent ainsi de "réorienter la quête de la valeur vers les véhicules plus petits, construits sur les plates-formes où les constructeurs français sont encore dans la course".

Un repositionnement sur certains véhicules de petite et moyenne gamme pourrait permettre de regagner la production de 500.000 véhicules par an en France, font-ils valoir.

Récusant une stratégie uniquement axée sur les véhicules premium, ils invitent les constructeurs français à évoluer vers une "gamme plus éco-compatible" en concevant "des véhicules plus petits, moins lourds, moins chers et à plus forte marge unitaire".

Ils proposent dans le même temps de prendre des mesures fiscales susceptibles de "rendre le marché français plus clairement hostile aux véhicules gros émetteurs de carbone et encombrants".

Plus largement, face à la menace de déclin d'une filière qui représente encore 600.000 salariés en France, ils appellent de leurs voeux "un new deal automobile sous la forme d'un pacte entre collectivités, constructeurs et partenaires sociaux".

La rechute des ventes automobiles en Europe depuis le début de l'année, aggravée par la récession économique que connaît le sud du continent, a ravivé le débat sur la nécessité d'aides au secteur, comme les primes à la casse instaurées lors de la crise de 2008.   Suite...

 
<p>Dans un livre blanc, des &eacute;lus d'une soixantaine de collectivit&eacute;s territoriales h&eacute;bergeant des sites automobiles regroup&eacute;s au sein de l'ACSIA (Association des collectivit&eacute;s sites d'industrie automobile) proposent un "new deal" pour enrayer le d&eacute;clin du secteur en France, notamment en favorisant la construction de petites voitures et en freinant l'importation de gros mod&egrave;les tr&egrave;s polluants. Pierre Moscovici, devenu ministre de l'Economie, est pr&eacute;sident de l'ACSIA. /Photo prise le 17 mai 2012/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>