Le tourisme chinois devrait doper les prix du luxe en Europe

mardi 19 juin 2012 14h23
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le ralentissement des ventes de produits de luxe en Chine continentale, en partie compensé par des achats effectués en Europe par les touristes chinois, va amener les griffes de luxe à augmenter leurs prix sur le Vieux Continent pour en limiter les effets sur leur chiffre d'affaires.

L'important écart existant entre les prix pratiqués en Chine et en Europe, en raison notamment des taxes douanières appliquées par Pékin, explique ce glissement entre consommation locale et consommation touristique, qui pourrait aussi affecter la rentabilité des Louis Vuitton (groupe LVMH), Gucci (groupe PPR), Hermès et autre Chanel, car leurs marges sont plus élevées en Chine qu'en Europe.

Faute d'une baisse des droits de douane, un abaissement des prix en Chine semble exclu car les griffes veillent à ne pas dégrader la valeur de leur marque.

La parade consiste donc à augmenter les tarifs en Europe.

"Il y aura un ajustement de prix en Europe, de l'ordre de 5%", pronostique un analyste sous couvert d'anonymat. "Ils ne peuvent pas aller beaucoup plus loin pour ne pas toucher leur clientèle européenne. Certains le font en ce moment, d'autres attendent les nouvelles collections."

Cependant, des hausses plus importantes, pouvant atteindre 10%, pourraient concerner certains modèles phares de sacs, ajoute-t-il.

Interrogé, LVMH se refusait à tout commentaire tandis que Gucci affirmait qu'il n'ajustait pas ses prix "simplement en fonction d'un pays, d'une catégorie de produits ou de parités de changes".

L'écart de prix entre la Chine et l'Europe sur les produits de luxe, qui avoisinait déjà 35% l'an dernier, atteint aujourd'hui 50% avec l'affaiblissement de l'euro face aux autres devises.   Suite...

 
<p>Le ralentissement des ventes de produits de luxe en Chine continentale, en partie compens&eacute; par des achats effectu&eacute;s en Europe par les touristes chinois, va amener les griffes de luxe &agrave; augmenter leurs prix sur le Vieux Continent pour en limiter les effets sur leur chiffre d'affaires. /Photo d'archives/REUTERS/Luke MacGregor</p>