Angela Merkel tance la France avant les échéances européennes

vendredi 15 juin 2012 19h44
 

BERLIN/PARIS (Reuters) - Angela Merkel s'est livrée vendredi à une critique en règle de l'état de l'économie française au moment même où l'entourage de François Hollande faisait assaut d'optimisme sur les chances d'un accord franco-allemand pour relancer la croissance dans la zone euro.

La chancelière a choisi une conférence d'hommes d'affaires allemands à Berlin pour répondre au président français, qui a transmis jeudi à ses partenaires européens son plan pour stimuler l'activité économique au niveau européen et mettre un terme à la crise de la dette qui déstabilise la zone euro.

Elle a une nouvelle fois rejeté la proposition française de lancer des euro-obligations pour mutualiser la dette, ce qui "mènerait l'Allemagne à la médiocrité" selon elle, lançant une pique féroce sur l'état de l'économie française.

"L'Europe doit discuter des différences croissantes entre les économies française et allemande", a-t-elle dit, ajoutant que l'Allemagne est le "pôle de stabilité et le moteur de la croissance" en Europe, une manière de dire que la France joue en seconde division dans la zone euro.

Elle a cité l'évolution des coûts du travail entre la France et l'Allemagne au cours des dix dernières années, qui permettraient de constater "qu'au début du millénaire, l'Allemagne faisait plutôt moins bien ou au mieux pareil que son voisin à de nombreux niveaux ; mais les différences se sont fortement accentuées (en faveur de l'Allemagne, NDLR), ce qui est aussi un sujet qui doit être discuté en Europe".

Le message est clair : la France a des problèmes de compétitivité qui seront résolus non pas par des dépenses mais par de douloureuses réformes structurelles déjà mises en oeuvre par l'Allemagne et dont la France ne voudrait pas.

"AVEUGLEMENT IDÉOLOGIQUE"

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, avait envoyé une première torpille sur le même thème mercredi en critiquant la décision de François Hollande de revenir partiellement à la retraite à 60 ans, qui ne correspond pas selon lui à ce qui a été décidé au niveau européen.

L'exécutif français a pu provoquer ces derniers jours cette réaction courroucée de son homologue allemand.   Suite...

 
<p>Angela Merkel a r&eacute;affirm&eacute; vendredi son opposition &agrave; toute forme de mutualisation de la dette en Europe, rejetant ainsi les propositions faites la veille par le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Fran&ccedil;ois Hollande. Durcissant le ton, la chanceli&egrave;re allemande a &eacute;galement invit&eacute; l'Europe &agrave; entamer une discussion sur le foss&eacute; qui se creuse selon elle entre la France et l'Allemagne. /Photo prise le 15 juin 2012/REUTERS/Thomas Peter</p>