La Syrie fait marcher la "planche à billets" via la Russie

mercredi 13 juin 2012 14h09
 

par Suleiman Al-Khalidi

AMMAN (Reuters) - La Syrie a commencé à mettre en circulation de nouveaux billets imprimés en Russie, au risque d'alimenter l'inflation, pour financer un déficit budgétaire creusé par les difficultés économiques liées aux sanctions internationales contre le régime de Bachar al Assad, déclarent des banquiers de Damas.

Quatre banquiers damascènes ont déclaré à Reuters que de nouveaux billets de banque imprimés en Russie circulaient à Damas et à Alep, la deuxième ville du pays.

La Russie, partenaire économique majeur pour la Syrie, est l'un des rares pays à soutenir le régime syrien, tant sur le plan politique qu'économique.

Aucune sanction n'empêche à l'heure actuelle les entreprises russes d'imprimer des billets pour la Syrie.

"(Les Russes) ont envoyé de nouveaux échantillons de billets de banque qui ont été validés et la première commande a été passée. Je pense que de nouveaux billets ont été injectés sur le marché", a dit l'un des banquiers qui a requis l'anonymat.

Ces nouveaux billets sont destinés à remplacer l'ancienne livre syrienne et à régler les salaires des fonctionnaires du pays, selon les banquiers. Une telle mesure pourrait néanmoins augmenter l'inflation, qui frôle déjà les 30%, et aggraver la crise économique, selon les économistes.

La livre syrienne était auparavant imprimée en Autriche par une filiale de la banque centrale autrichienne, mais le contrat a été annulé l'an dernier en raison des sanctions européennes, a déclaré un porte-parole de la Banque d'Autriche.

Le ministre syrien des Finances sortant Mohammad al Jleilati a déclaré la semaine dernière que la Syrie avait évoqué la question de l'impression de billets de banque avec des responsables russes lors de discussions économiques organisées fin mai à Moscou. Mais la banque centrale syrienne avait démenti plus tard qu'une nouvelle monnaie était en circulation.   Suite...

 
<p>La Syrie a commenc&eacute; &agrave; mettre en circulation de nouveaux billets imprim&eacute;s en Russie, au risque d'alimenter l'inflation, pour financer un d&eacute;ficit budg&eacute;taire creus&eacute; par les difficult&eacute;s &eacute;conomiques li&eacute;es aux sanctions internationales contre le r&eacute;gime de Bachar al Assad. /Photo d&rsquo;archives/REUTERS/Ali Jarekji</p>