La recul de l'euro, des matières premières peu intégré en Bourse

mardi 12 juin 2012 16h11
 

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La baisse conjuguée de l'euro face au dollar et des cours des matières premières depuis fin avril offre d'importantes opportunités d'investissement, qui n'ont pas encore été saisies compte tenu des incertitudes sur la croissance mondiale et l'avenir de la zone euro, estiment gérants et analystes.

Ces derniers soulignent cependant la "bouffée d'oxygène" que constituent à terme les baisses de l'euro et du prix du pétrole pour le pouvoir d'achat et les marges des entreprises parvenant à exporter en dehors de l'Europe.

Les valeurs technologiques, les médias, les groupes industriels spécialisés dans l'aéronautique ou les biens de consommation et le secteur pharmaceutique devraient ainsi devenir les principaux gagnants d'un euro tombé à 1,25 dollar et d'un baril de pétrole passé sous les 100 dollars.

"L'impact en théorie positif de la baisse de l'euro et des matières premières sur les résultats des entreprises européennes n'a pas été pris en compte par le marché, qui anticipe une croissance nulle des bénéfices par action. Or, les résultats devraient être bons au deuxième trimestre", commente Emmanuel Morano, responsable de la gestion Actions de La Française AM.

Pour l'heure, les investisseurs préfèrent attendre, la crise en zone euro ayant fait grimper le degré d'incertitude et la volatilité sur les marchés financiers, l'indice de volatilité de l'Euro Stoxx et celui de l'incertitude politique mesuré par Scott Ross Baker, Nick Bloom et Steven J. Davis renouant au début du mois avec leur niveau de fin 2011.

IMPACT SUR LE RÉSULTAT D'EXPLOITATION

Selon la Société générale, en l'absence de couverture de change, une baisse de 10% de l'euro face au billet vert se traduit par une hausse théorique de l'ordre de 40% pour l'Ebit (résultat d'exploitation) d'EADS et de Safran, de 15% pour Alstom ou de 9% pour LVMH et Total.

Malgré 58% de son chiffre d'affaires générés en dehors de l'Europe, EADS affiche un recul de 10% en Bourse depuis fin avril, LVMH, qui réalise 70% de son activité en dehors des frontières européennes, perd 5% et Sanofi (73% de son chiffre d'affaires hors Europe) cède 4%.   Suite...

 
<p>La baisse conjugu&eacute;e de l'euro face au dollar et des cours des mati&egrave;res premi&egrave;res depuis fin avril offre d'importantes opportunit&eacute;s d'investissement qui n'ont pas encore &eacute;t&eacute; saisies, du fait des incertitudes sur la croissance mondiale et l'avenir de la zone euro, selon des g&eacute;rants et des analystes. /Photo d'archives/REUTERS/Chaiwat Subprasom</p>