Athènes veut renégocier son plan d'aide après le prêt à Madrid

lundi 11 juin 2012 18h09
 

ATHENES (Reuters) - Les principaux partis grecs ont estimé lundi que leur pays pouvait conclure un meilleur accord avec ses créanciers internationaux après l'octroi d'un prêt de 100 milliards d'euros à l'Espagne pour lui permettre de renflouer ses banques en difficulté.

A six jours d'élections législatives cruciales qui pourraient sceller le sort de l'avenir de la Grèce dans la zone euro, la classe politique hellénique reste toujours divisée face aux réformes économiques drastiques exigées par les créanciers internationaux en l'échange d'une aide de 130 milliards d'euros.

La coalition de gauche radicale Syriza, ouvertement hostile aux mesures d'austérité réclamées par la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), a estimé que le prêt à Madrid signait l'échec de la politique d'austérité prônée par les créanciers.

"Ce qui s'est passé en Espagne justifie pleinement notre lecture de la crise : c'est une crise structurelle profonde de la zone euro elle-même", a dit le porte-parole de Syriza, Panos Skourletis. "Les discussions en Europe ouvrent de nouvelles perspectives pour la Grèce et pour la zone euro."

Dans les sondages, Syriza est au coude à coude avec les conservateurs de Nouvelle Démocratie, favorable aux mesures d'austérité. Pour Antonis Samaras, chef de file de ND, le prêt accordé par les ministres des Finances à Madrid est la preuve que la Grèce a plus à gagner en négociant avec ses partenaires européens qu'en claquant la porte des discussions.

"Réfléchissez-y, à l'heure où un pays comme l'Espagne négocie, certains affirment que nous devons aller à l'affrontement avec l'Europe", a-t-il dit.

Nouvelle Démocratie et les socialistes du Pasok, qui ont échoué à obtenir une majorité suffisante pour former un gouvernement à l'issue des législatives du 6 mai, tentent de convaincre les Grecs qu'une victoire de Syriza plongerait la Grèce dans le chaos et précipiterait sa sortie de la zone euro.

Le chef de file de socialistes, Evangelos Venizelos, voit dans le prêt accordé à Madrid le signe que les responsables européens tentent de préparer le terrain en cas de victoire de la coalition de gauche radicale et d'un retour à la drachme.

"Ils préparent un pare-feu pour gérer ce qui se passera en Grèce", estime Venizelos qui a négocié par le passé les plans de sauvetage à la Grèce avec la troïka.

Renee Maltezou et Harry Papachristou, Marine Pennetier pour le service français

 
<p>Le parlement grec &agrave; Ath&egrave;nes. Les principaux partis grecs ont estim&eacute; lundi que leur pays pouvait conclure un meilleur accord avec ses cr&eacute;anciers internationaux apr&egrave;s l'octroi d'un pr&ecirc;t de 100 milliards d'euros &agrave; l'Espagne pour lui permettre de renflouer ses banques en difficult&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis</p>