Le FESF, plutôt que le MES, pourrait être mobilisé pour l'Espagne

lundi 11 juin 2012 19h24
 

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - La recapitalisation des banques espagnoles pourrait être financée par l'intermédiaire du Fonds européen de stabilité financière (FESF) plutôt que par son successeur le Mécanisme européen de stabilité (MES) dont le statut de créancier privilégié risque d'inquiéter les investisseurs privés, a déclaré lundi un haut responsable de la zone euro.

Le rendement des emprunts espagnols à 10 ans est remonté à 6,48% contre 6,07% en début de matinée après une déclaration du porte-parole du ministère allemand des Finances sur un possible recours au MES pour renflouer les banques espagnoles.

"Le fait que ce soit le FESF ou le MES qui apporte les fonds crée une différence car les prêts du MES seraient 'senior' par rapport aux autres prêts accordés à l'Etat espagnol", explique la banque ABN Amro dans une note.

"Cela assure des garanties supplémentaires aux pays participant au MES mais cela rend les obligations d'Etat espagnoles moins intéressantes pour les investisseurs privés, qui pourraient faire monter les rendements de la dette publique."

Certains investisseurs craignent même que l'octroi de prêts par le MES ne déclenche pour l'Espagne le paiement des credit default swaps (CDS), ces instruments de couverture contre un risque de défaut, l'émergence d'un créancier privilégié se traduisant par une situation dégradée pour les détenteurs actuels de dette espagnole.

La source de la zone euro a jugé cette interprétation exagérée mais il a ajouté que, pour éviter d'inquiéter les investisseurs, les prêts à l'Espagne seraient initialement accordés par le FESF, qui n'a pas le statut de créancier senior.

RECAPITALISATION À LA GRECQUE

Les prêts pourraient ensuite être repris par le MES, qui doit être opérationnel le 9 juillet, sans pour autant acquérir un rang de dette senior.   Suite...

 
<p>La recapitalisation annonc&eacute;e des banques espagnoles devrait &ecirc;tre assur&eacute;e par le Fonds europ&eacute;en de stabilit&eacute; financi&egrave;re (FESF) plut&ocirc;t que par son successeur, le M&eacute;canisme europ&eacute;en de stabilit&eacute; (MES), dont le statut de cr&eacute;ancier privil&eacute;gi&eacute; pourrait devenir un motif d'inqui&eacute;tude pour les investisseurs priv&eacute;s, selon un haut responsable de l'Union europ&eacute;enne. /Photo d'archives/REUTERS/Andrea Comas</p>