L'Espagne devra se soumettre à la supervision de la "troïka"

lundi 11 juin 2012 15h17
 

par Sonya Dowsett et Gareth Jones

MADRID/BERLIN (Reuters) - Le renflouement des banques espagnoles par des capitaux extérieurs obligera Madrid à se soumettre à la surveillance de ses bailleurs de fonds et du FMI, ont prévenu lundi des responsables allemands et de l'Union européenne, contredisant le président du gouvernement Mariano Rajoy.

Ce dernier s'était félicité dimanche d'avoir obtenu de ses partenaires européens la promesse d'une enveloppe de 100 milliards d'euros pour recapitaliser les banques en difficulté sans conditions en termes d'austérité budgétaire.

L'accord conclu samedi a été accueilli par un soulagement notable sur les marchés lundi matin mais la hausse des Bourses européennes et de l'euro s'est réduite en début d'après-midi: à Madrid, l'indice Ibex, qui gagnait près de 6% en début de séance, ne progressait plus que de 1,6% vers 14h30, tandis que les rendements de la dette espagnole à 10 ans repartaient à la hausse, à 6,43%.

Ce type de réaction est désormais familier: le soulagement initial provoqué par l'annonce d'une avancée apparente vers la résolution de la crise de la zone euro laisse rapidement place à la crainte de nouveaux développements défavorables.

Les élections législatives de dimanche prochain en Grèce pourraient ainsi inquiéter les investisseurs si elles donnent la victoire à la gauche radicale hostile à l'accord conclu par Athènes avec l'UE et le FMI.

Dimanche, Mariano Rajoy a déclaré que Madrid avait emporté une victoire en s'assurant l'aide de la zone euro sans avoir à se plier à un programme d'ajustement budgétaire, soulignant que cet accord n'avait "rien à voir" avec les procédures imposées à la Grèce, à l'Irlande ou au Portugal.

Mais le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, et le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, ont déclaré lundi que, comme dans les autres plans d'aide, une "troïka" composée du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne (CE) et de la Banque centrale européenne (BCE) superviserait l'aide financière.

UNE TROÏKA, COMME EN GRÈCE   Suite...

 
<p>Le renflouement des banques espagnoles par des capitaux ext&eacute;rieurs obligera Madrid &agrave; se soumettre &agrave; la surveillance de ses bailleurs de fonds et du FMI, ont pr&eacute;venu lundi des responsables allemands et de l'Union europ&eacute;enne, contredisant le pr&eacute;sident du gouvernement Mariano Rajoy. /Photo prise le 10 juin 2012/REUTERS/Marcelo del Pozo</p>