Joseph Stiglitz dénonce le cercle vicieux de la dette

lundi 11 juin 2012 10h04
 

par Tiziana Barghini

NEW YORK (Reuters) - Le plan de sauvetage des banques espagnoles risque de ne pas permettre à l'Espagne de sortir durablement de la crise de la dette car l'Etat et les banques vont s'installer dans un cercle vicieux sans fin où chacun finance les déficits de l'autre, estime Joseph Stiglitz.

"Le système fait que le gouvernement espagnol renfloue les banques et que les banques renflouent le gouvernement", souligne le lauréat du prix Nobel d'économie.

Les ministres des Finances de la zone euro ont convenu samedi de prêter jusqu'à 100 milliards d'euros à l'Espagne afin de lui permettre de renflouer ses banques en difficulté, Madrid s'engageant à préciser le montant de ses besoins dès que seront connus les résultats d'audits indépendants en cours sur son système bancaire.

Si l'Espagne devait solliciter la totalité de la somme, cela accroîtrait encore de 10% son ratio dette-PIB, qui devrait déjà atteindre 80% fin 2012 alors qu'il était de 68,5% fin 2011. Et cela rendrait d'autant plus problématique et coûteux pour le gouvernement espagnol d'émettre des obligations souveraines sur les marchés internationaux.

Les banques espagnoles, dont la Banque d'Espagne, ayant été les principaux acheteurs de la dette du pays en 2011, selon un rapport de la banque centrale espagnole, le risque est donc grand de voir le gouvernement se résigner à solliciter l'aide des établissements qu'il est en train d'essayer de sauver.

"C'est de l'économie vaudoue", a estimé Joseph Stiglitz dans l'interview accordée vendredi à Reuters, avant que les détails du plan ne soient connus. "Ca ne marchera pas et ça ne marche déjà pas."

L'Union européenne aurait davantage intérêt à accélérer son projet d'union bancaire, poursuit l'ancien conseiller du président américain Bill Clinton.

"Il n'y a aucune chance, quand une économie entre ainsi en récession, qu'elle puisse mener une politique de relance de la croissance sans une forme de système européen", fait-il valoir.   Suite...

 
<p>Joseph Stiglitz, prix Nobel d'&eacute;conomie, estime que le plan de sauvetage des banques espagnoles risque de ne pas permettre &agrave; l'Espagne de sortir durablement de la crise de la dette car l'Etat et les banques vont s'installer dans un cercle vicieux sans fin o&ugrave; chacun finance les d&eacute;ficits de l'autre. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>