L'aide à l'Espagne pourrait ne fournir qu'un bref répit

dimanche 10 juin 2012 19h48
 

par Paul Taylor

PARIS (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont finalement volé au secours des banques espagnoles ce week-end, voulant s'assurer qu'un plan de soutien était en place pour éviter toute contagion d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'Union économique et monétaire (UEM).

Mais ces mesures pourraient n'apporter qu'un bref répit.

Après avoir répété pendant des semaines que l'Espagne n'avait pas besoin d'une aide extérieure pour recapitaliser des établissements bancaires plombés par des mauvaises créances depuis l'effondrement d'une bulle immobilière, le président du gouvernement Mariano Rajoy a été prié d'accepter cette aide pour échapper au pire, ont dit des sources proches des négociations.

Les ministres des Finances de la zone euro ont convenu samedi de prêter jusqu'à 100 milliards d'euros à l'Espagne afin de lui permettre de renflouer ses banques en difficulté, Madrid s'engageant à préciser le montant de ses besoins dès que seront connus les résultats d'audits indépendants en cours sur son système bancaire.

Mais la dernière digue en date érigée par la zone euro pour juguler la crise de la dette qui la mine depuis plus de deux ans -après les deux plans d'aide à la Grèce (mai 2010 et février 2012), celui à l'Irlande (novembre 2010) et celui au Portugal (mai 2011)- pourrait céder dès dimanche prochain.

Ce jour-là, le 17 juin, les électeurs grecs se rendent aux urnes pour la deuxième fois en un peu plus d'un mois, et les dirigeants de la zone euro pourraient être confrontés à une possible sortie d'Athènes de la zone euro si le scrutin ne parvient pas à faire émerger une majorité soutenant les mesures d'austérité liées au deuxième plan de sauvetage.

En cas de sortie de la Grèce de la zone euro, analystes et agences de notations s'accordent pour dire que l'Espagne et l'Italie figureront parmi les pays les plus exposés à une telle déflagration.

Mariano Rajoy a défendu dimanche sa gestion de la crise de la dette, estimant que les réformes menées sous sa direction avaient permis à Madrid d'éviter le recours à une aide étrangère, malgré le plan de sauvetage des banques annoncé la veille par la zone euro.   Suite...

 
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