En Espagne, Mariano Rajoy défend sa gestion de la crise

dimanche 10 juin 2012 16h27
 

par Julien Toyer et Tracy Rucinski

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a défendu dimanche sa gestion de la crise de la dette, estimant que les réformes menées sous sa direction avaient permis à Madrid d'éviter le recours à une aide étrangère, malgré le plan de sauvetage des banques annoncé la veille par la zone euro.

Lors d'une conférence de presse, le dirigeant conservateur n'a jamais qualifié de "sauvetage" la décision de la zone euro de prêter à l'Espagne jusqu'à 100 milliards d'euros pour renflouer ses banques, préférant employer l'expression "ce qu'il s'est passé hier".

"Si nous n'avions pas fait que nous avons fait ces cinq derniers mois, ce qui se serait passé hier aurait été une intervention en Espagne", a déclaré le chef du gouvernement.

Cette volonté de Mariano Rajoy de ne pas voir dans l'aide européenne un "sauvetage" est moquée par les médias, qui reprochent aussi au président du gouvernement de ne pas s'être montré samedi, préférant laisser le soin à son ministre de l'Economie, Luis de Guindos, d'annoncer la décision des ministres des Finances de l'Eurogroupe.

Beaucoup, sur les réseaux sociaux, raillent aussi sa décision d'assister dimanche au match Espagne-Italie en Pologne, dans le cadre de l'Euro 2012 de football.

"Le gouvernement s'emploie à ne pas utiliser le terme de sauvetage et cherche des euphémismes", souligne El Pais.

Si Rajoy évite à tout prix d'utiliser cette notion, c'est qu'elle s'est accompagnée, dans les cas de l'Irlande, de la Grèce et du Portugal, les trois pays de la zone euro déjà aidés, de conditions humiliantes et d'une perte de souveraineté.

Dans le cas de l'Espagne, les responsables européens le soulignent également, aucune coupe budgétaire supplémentaire ou réforme économique n'aurait été demandée à Madrid.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident du gouvernement Mariano Rajoy estime que les coupes budg&eacute;taires et les r&eacute;formes &eacute;conomiques engag&eacute;es depuis plusieurs mois par son gouvernement avaient permis &agrave; l'Espagne d'&eacute;viter un plan d'aide &eacute;trang&egrave;re pour sa dette souveraine. /Photo prise le 10 juin 2012/REUTERS/Paul Hanna</p>