EADS envisage de demander sa propre licence bancaire

vendredi 8 juin 2012 18h38
 

par Christian Plumb et Tim Hepher

PARIS/PEKIN (Reuters) - EADS, en envisageant de demander sa propre licence bancaire, relance un projet autrefois censé lui permettre d'apparaître aussi puissant que le géant américain General Electric mais qui aujourd'hui semble surtout être un moyen de protéger sa trésorerie.

Sur le départ, le directeur financier du groupe européen d'aéronautique et de défense Hans Peter Ring a créé la surprise la semaine dernière en disant réfléchir à l'opportunité de créer une banque. Raison évoquée ? La maison mère d'Airbus est aujourd'hui mieux notée que certains de ses créanciers.

L'initiative pourrait marquer le début d'une nouvelle phase brutale de la crise financière en Europe, EADS étant le dernier acteur industriel en date à rechercher des solutions pour se protéger des difficultés croissantes du Vieux Continent.

"A mes yeux, il s'agit avant tout d'un risque de contrepartie", explique un banquier d'affaires basé à Paris, qui a requis l'anonymat.

"Si le monde entier s'effondre, juridiquement, tout ce qui est à la BCE est sauf. Si c'est placé dans des fonds mis sur pied par une banque et que la banque est fragile, parfois il y a un risque", ajoute-t-il.

EADS emboîterait également le pas de groupes industriels comme Siemens à qui les licences bancaires permettent d'avoir accès directement aux prêts à taux faibles de la BCE.

Généralement, lorsqu'une société détient une licence bancaire et qu'elle est considérée comme une contrepartie éligible, elle est autorisée à déposer des fonds auprès de la banque centrale et à accéder à des fonds comme emprunteur, y compris d'éventuelles futures injections de cash à bas coûts comme celle offerte aux banques un peu plus tôt cette année. Dans certains cas, rares, la BCE peut toutefois refuser.

Une telle licence bancaire, relativement aisée à obtenir selon les analystes, pourrait en outre aider des clients à financer des achats d'avions, même s'il ne semble pas aujourd'hui que ce type d'aide soit nécessaire.   Suite...

 
<p>Tom Enders, le nouveau dirigeant d'EADS. En envisageant de demander sa propre licence bancaire, le constructeur a&eacute;ronautique europ&eacute;en relance un projet autrefois cens&eacute; lui permettre d'appara&icirc;tre aussi puissant que le g&eacute;ant am&eacute;ricain General Electric mais qui aujourd'hui semble surtout &ecirc;tre un moyen de prot&eacute;ger sa tr&eacute;sorerie. /Photo prise le 31 mai 2012/REUTERS/Paul Vreeker/United Photos</p>