June 7, 2012 / 10:29 AM / 5 years ago

Le fonds souverain chinois réduit son exposition à l'Europe

4 MINUTES DE LECTURE

PEKIN (Reuters) - Le fonds souverain chinois China Investment Corp , qui gère 410 milliards de dollars (325 milliards d'euros), a réduit ses investissements en actions et en obligations européennes, en raison d'un risque jugé accru d'un éclatement de la zone euro, a annoncé son président Lou Jiwei dans une interview au Wall Street Journal publiée jeudi.

Il a ajouté que la Chine ne devrait pas non plus acheter d'euro-obligations si ces dernières venaient à être émises, le risque étant "trop élevé", et le rendement "trop faible".

"Il y a un risque que la zone euro éclate et ce risque est en hausse", a déclaré Lou Jiwei au quotidien. C'est la première fois que Pékin admet publiquement une réduction de ses investissements en Europe, son plus important marché d'exportation.

Les dirigeants chinois avaient jusqu'à maintenant soutenu dans leurs déclarations les efforts de la zone euro pour sortir de la crise, sans aller jusqu'à promettre des injections de liquidité pour aider à remettre à flot les banques et les Etats emprunteurs en Europe.

L'Union européenne tente actuellement de trouver des moyens pour renflouer les banques frappées par la dette en Espagne et éviter une crise de la quatrième économie d'Europe, bien qu'une adjudication réussie de dette espagnole jeudi ait provisoirement calmé les esprits.

INFRASTRUCTURES EUROPÉENNES

Lou Jiwei n'a pas détaillé les proportions dans lesquelles le fonds avait réduit ses investissements en Europe, mais, selon le Wall Street Journal, le président de CIC a indiqué que le fonds avait abaissé son exposition à l'ensemble des marchés publics européens.

Il a cependant précisé que le fonds continuait à investir en Europe à travers des fonds d'investissement et des détentions en direct, y compris dans le secteur des infrastructures.

CIC a en effet récemment exprimé à plusieurs reprises son souhait d'acquérir des infrastructures européennes, alors qu'une contribution chinoise à un fonds de sauvetage européen ou l'achat européen d'euro-obligations n'ont pas été évoqués publiquement par Pékin.

Le mois dernier, un responsable de CIC a cependant déclaré que la Chine était confrontée à des "obstacles invisibles" pour investir en Europe, citant notamment une frilosité européenne sur une entrée de Pékin dans des secteurs comme le nucléaire.

CIC avait annoncé en novembre qu'il voulait investir dans des infrastructures en difficulté de pays occidentaux, notamment la Grande-Bretagne.

Une étude publiée jeudi montre par ailleurs que les investissements chinois à l'étranger ont atteint 21,4 milliards de dollars (17 milliards d'euros) au cours du premier trimestre 2012, avec une prédilection pour les ressources naturelles et l'Amérique latine.

En dehors du secteur des ressources, l'Europe a été la destination de 83% des investissements chinois à l'étranger.

Juliette Rouillon et Julien Dury pour le service français, édité par Nicolas Delame et Benoît Van Overstraeten

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