La BCE appelle les gouvernements à régler eux-mêmes la crise

mercredi 6 juin 2012 19h54
 

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a fermement renvoyé aux gouvernements de la zone euro la responsabilité de résoudre la crise de la dette dans la région, décevant les attentes de nouvelles mesures de soutien de la banque centrale à court terme malgré des menaces croissantes sur l'économie européenne.

Après avoir laissé son principal taux directeur inchangé à 1%, le président de la BCE Mario Draghi a déclaré que la banque centrale n'était pas ouverte à la négociation avec les gouvernements sur la réponse politique à apporter à la crise.

De plus en plus inquiets de la situation financière des banques espagnoles, certains opérateurs de marché espéraient que Mario Draghi signalerait de nouveaux gestes de soutien si les gouvernements étaient amenés à prendre des mesures plus ambitieuses.

Au lieu de quoi, Mario Draghi a déclaré qu'il ne revenait pas à la BCE de compenser l'inaction d'autres institutions et qu'il n'y aurait pas de quiproquos entre la banque centrale et les gouvernements.

"Certains des problèmes de la zone euro n'ont rien à voir avec la politique monétaire", a-t-il déclaré. "C'est ce dont il faut que nous soyons conscient et je ne pense pas que ce soit une bonne chose que la politique monétaire compense l'inaction d'autres institutions", a-t-il ajouté.

ESPOIRS VAINS

Le répit apporté par la BCE en début d'année avec l'injection de 1.000 milliards d'euros dans le cadre de deux opérations de refinancement à trois ans (LTRO), l'une en décembre l'autre en janvier, a fini par s'estomper et les coûts d'emprunt des pays les plus fragiles de la zone euro sont remontés ces dernières semaines.

Mario Draghi a douché les espoirs d'une troisième opération de refinancement à long terme, en affirmant que les mesures de LTRO et de rachats d'obligations étaient des instruments en place mais de façon temporaire et "pas infinie".   Suite...

 
<p>La Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) n'a pas modifi&eacute; ses taux directeurs mercredi, d&eacute;cision sans surprise pour des observateurs qui se demandent surtout si l'institut d'&eacute;mission est susceptible de reprendre ses achats d'obligations souveraines et quels seront ses mots &agrave; l'&eacute;gard de l'Espagne. /Photo prise le 17 janvier 2012/REUTERS/Kai Pfaffenbach</p>