L'UE à pas comptés vers une union bancaire trop tardive ?

mardi 5 juin 2012 16h58
 

par John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne exposera mercredi ses propositions en matière de traitement des banques en situation de faillite, un pas dans la direction d'une union bancaire que la Banque centrale européenne (BCE) réclame pour affermir l'avenir de l'euro.

Mais son projet, qui passe par une coordination accrue entre les pays de la zone euro et par une participation accrue des créanciers obligataires aux pertes, ne devrait pas voir le jourjour avantavant 2014, trop tard pour l'Espagne qui risque de devoir se résigner à faire appel d'ici là à un plan de sauvetage sur le modèle grec.

Même à moyen terme, de nombreux obstacles se dressent sur le chemin de l'union bancaire que le président de la BCE Mario Draghi appelle de ses voeux et dont les trois piliers sont une surveillance centralisée, un fond de démantèlement et un mécanisme européen de garantie des dépôts.

L'Allemagne manifeste la plus grande réticence envers un mécanisme européen qui pourrait faire reposer sur ses épaules le poids d'une faillite des banques d'un autre pays et la Grande-Bretagne ne veut pas entendre parler d'un contrôle de Bruxelles sur ses services financiers, qui représentent près du dixième environ de son économie.

"Tout le monde devrait concentrer son énergie sur la crise actuelle", estime Nicolas Bruegel, du centre de réflexion Bruegel, basé à Bruxelles. "Je ne suis pas sûr qu'on puisse s'offrir le luxe de réfléchir à un mécanisme permanent pendant que la maison brûle", fait-il valoir.

Pour Daniel Gros, du Centre for European Policy Studies, il y a urgence à agir pour éviter un chaos de la même ampleur que celui qui avait été provoqué par la faillite de la banque d'investissement américaine Lehman Brothers en 2008.

"Il faut des décisions immédiates", insiste-t-il. "Nous avons une crise sur les bras."

SAUVETAGE DES BANQUES   Suite...

 
<p>La Commission europ&eacute;enne exposera mercredi ses propositions en mati&egrave;re de traitement des banques en situation de faillite, un pas dans la direction d'une union bancaire que la BCE r&eacute;clame pour affermir l'avenir de l'euro. Mais ce projet ne devrait pas voir le jour avant 2014, trop tard pour l'Espagne qui risque de devoir se r&eacute;signer &agrave; faire appel d'ici l&agrave; &agrave; un plan de sauvetage fond&eacute; sur le mod&egrave;le grec. /Photo prise le 21 janvier 2012/REUTERS/Kai Pfaffenbach</p>