La méthode Bibendum à la rescousse de la voiture électrique

lundi 4 juin 2012 12h25
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Renault et Nissan vont offrir plusieurs centaines de bornes de recharge électrique pour tenter d'accélérer le déploiement sur la voie publique d'infrastructures jugées cruciales au décollage de cette nouvelle génération de voitures, reprenant ainsi à un siècle d'intervalle la célèbre méthode Michelin.

Pour promouvoir la circulation des véhicules équipés de ses pneumatiques, le groupe de Clermont-Ferrand n'avait pas hésité en 1910 à distribuer aux municipalités de l'Hexagone 30.000 plaques indicatrices dites "plaques Merci" pour faciliter la tâche aux rares automobilistes du début du 20e siècle.

La voiture électrique, elle, ne s'imposera auprès des particuliers que lorsque la France comptera davantage que les maigres 1.500 à 2.000 bornes de recharge dénombrées fin 2011. A la Michelin, Renault a donc décidé d'offrir cet automne plusieurs centaines de bornes de recharge rapide à moins de 5.000 euros pièce pour encourager les partenaires privés ou publics à en installer à leur tour.

"Notre métier n'est pas de construire et d'installer des bornes, on pense simplement qu'on peut avoir un effet d'entraînement du marché en apportant la première visibilité", a déclaré à Reuters Thierry Koskas, directeur du programme électrique de Renault. "On va quelque part donner l'exemple."

Le groupe au losange espère ainsi aider le lancement de Zoé, fleuron de sa gamme électrique, qui sera dévoilée au prochain Mondial de l'auto.

Les études de marché montrent que la présence rassurante des bornes à des endroits stratégiques en ville ou en bordure de route vient en deuxième position dans la liste des critères jugés déterminants au décollage de ce nouveau marché, derrière les incitations fiscales -le bonus de 5.000 euros a résisté jusqu'ici à la rigueur ambiante.

Si les véhicules électriques seront surtout rechargés au domicile ou sur le lieu de travail, la peur de la panne sèche de courant reste l'un des principaux freins à ce mode de transport dont l'autonomie est bien inférieure à un moteur classique.

"Si la voiture s'est développée, c'est parce que sur des routes mythiques, il avait des points où l'on pouvait s'arrêter", commente François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). "L'idée est de recréer la même chose avec les bornes électriques. On ira de borne en borne, comme avant sur la Nationale 7 ou la Route 66 aux Etats-Unis on allait de station service en station service."   Suite...

 
<p>Renault et Nissan vont offrir plusieurs centaines de bornes de recharge &eacute;lectrique pour tenter d'acc&eacute;l&eacute;rer le d&eacute;ploiement sur la voie publique d'infrastructures jug&eacute;es cruciales au d&eacute;collage de cette nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de voitures, reprenant ainsi &agrave; un si&egrave;cle d'intervalle la c&eacute;l&egrave;bre m&eacute;thode Michelin. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler</p>