Statu quo de la BCE attendu sur les taux malgré la crise

lundi 4 juin 2012 10h50
 

FRANCFORT (Reuters) - En dépit d'une conjoncture déprimée, la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait pas baisser ses taux d'intérêt mercredi, afin de placer la classe politique devant sa lourde responsabilité de régler la crise de la zone euro et d'éviter un éclatement de la monnaie unique, estiment des économistes.

Les débats devraient néanmoins être animés au sein du conseil et la décision en faveur d'un statu quo pourrait être assez serrée en raison de la publication d'une série de statistiques économiques particulièrement préoccupantes.

Sur 73 économistes interrogés par Reuters, 62 pensent toutefois que la BCE laissera pour le moment son taux de refinancement à 1%.

"Chaque fois que la BCE intervient, elle soulage la pression sur les leaders politiques et ces derniers finalement ne font rien. Elle en a plus qu'assez", commente James Nixon, économiste de la Société Générale. "Cette fois-ci, on va se retrouver tout au bord du précipice".

Les économistes estiment également que les projections de croissance de l'Eurosystème seront revues à la baisse, celles sur l'inflation restant pratiquement inchangées.

La BCE s'est engagée à fournir des liquidités illimitées aux banques mais cet engagement prend fin ce mois-ci. Les économistes estiment qu'il sera prolongé mais la question est de savoir jusqu'à quand.

Certains estiment enfin qu'il est possible que l'institut d'émission lance une nouvelle opération de refinancement à long terme au bénéfice des banques.

La semaine dernière, le président de la BCE, Mario Draghi, a mis en garde les responsables européens en déclarant que la banque centrale ne pouvait combler le manque d'initiative qui affecte actuellement l'euro et les a exhorté à une plus grande coopération politique et financière.

En observant le statu quo, la BCE se laisse une marge de manoeuvre pour intervenir si la situation ne s'améliorer pas dans les deux semaines qui viennent, analyse James Nixon.   Suite...

 
<p>Selon des &eacute;conomistes, la Banque centrale europ&eacute;enne ne devrait pas baisser ses taux d'int&eacute;r&ecirc;t mercredi malgr&eacute; une conjoncture d&eacute;prim&eacute;e, dans le but de placer la classe politique devant sa lourde responsabilit&eacute; de r&eacute;gler la crise de la zone euro et d'&eacute;viter un &eacute;clatement de la monnaie unique. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski</p>